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HISTOIRE

Lundi 31 janvier 2005
La Vendée des origines à nos jours :
 
 
 
1241 Saint Louis confie le Poitou en apanage à son frère Alphonse; s'ensuit un siècle de prospérité.
1242 Saint Louis prend d'assaut Pouzauges, Mervent, Vouvant et Fontenay.
 
1245 Alphonse de Poitiers acquiert la seigneurie de Fontenay et fait de la ville la tête de pont de l'administration royale en Bas-Poitou.
1259 Par le traité de Paris, Henri III d'Angleterre renonce au Poitou.
 
  1283 Le pouvoir royal, prenant le relais des abbayes, décide le creusement des canaux de ceinture du marais Poitevin : l'Achenal le Roi et le Contrebot le Roi.
 
1317 Le pape Jean XXII scinde en trois le diocèse de Poitiers, créant ainsi ceux de Luçon et de Maillezais.
 
1340 Raids anglais en Bas-Poitou.
 
1360 Par le traité de Brétigny, le Poitou est cédé aux Anglais.
 
1372 Du Guesclin reprend Fontenay ; le Poitou est définitivement rattaché à la France.
 
1411 L'Anglais d'Heilly prend Fontenay.
 
1417 Rédaction du Vieux Coustumier du Poitou.
 
1427-1433 Guerre privée entre Richemont et La Trémoïlle.
 
 
1430 Depuis Poitiers, où le dauphin Charles VII l'a faite entendre par une commission d'universitaires, Jeanne d'Arc lance la reconquête du royaume.
 
1440 Exécution de Gilles de Rais, le sire de Tiffauges, Pouzauges et d'autres lieux, compagnon de Jeanne d'Arc devenu assassin d'enfants.
1471 Louis XI érige Fontenay en commune.
 
1483 Garcie-Ferrande, de Saint-Gilles, publie son Grand routier de la mer.
1520-1527 Au cours de son séjour à Fontenay, Rabelais apprend le grec et entre en contact, par Pierre Amy, avec Guillaume Budé. Secrétaire de Geoffroy d'Estissac, évêque de Maillezais, il fera de ce lieu le modèle de l'abbaye de Thélème.
1533 Gérard de l'Espée, marchand drapier luthérien, est brûlé à Fontenay.
  1534 Calvin, venu prêcher à Poitiers, gagne à la Réforme nombre d'étudiants et de professeurs.
 
1542 Première fontaine classique en France : celle des Quatres-Tias, à Fontenay, elle inaugure une extraordinaire floraison architecturale.
 
1550 Première imprimerie à Fontenay.
 
1557 L'église réformée est organisée à Fontenay par des pasteurs venus de Genève.
 
1567 Réunis à Pouzauges, les gentilshommes huguenots du Bas-Poitou déclarent vouloir détruire la " Babylone papistique " ; l'intolérance réciproque mène à la guerre, dès l'année suivante.
 
1570 Prise de Fontenay par les protestants.
 
1581 La Popelinière, de Sainte-Gemme-la-Plaine, rédige la première histoire impartiale des guerres de religion, dont il a été l'acteur et le témoin.
 
1587

Le Fontenaisien Barnabé Brisson publie le Code Henri, qui clarifie la législation royale

1588 Le chef protestant Agrippa d'Aubigné prend Maillezais, où il rédige une grande partie de son œuvre.
 
1588 Henri de Navarre, futur Henri IV, mène campagne en Bas-Poitou.
 
1591 François Viète, lui aussi de Fontenay, pose les bases de l'algèbre.
1595 Les ligueurs bretons du duc de Mercœur massacrent 28 réformés à la Brossardière, près de La Châtaigneraie.

Le Centre vendéen de recherches historiques :

Né en 1994 sur une idée lancée par Emmanuel Le Roy-Ladurie, le Centre vendéen de recherches historiques est un groupement d'intérêt public associant l'Université de Paris-IV-Sorbonne, le Département de la Vendée, la Région des Pays de la Loire et la Nouvelle Association pour le développement de la recherche sur l'histoire de la Vendée.
POUR AVOIR LE DEBUT ET LA SUITE ALLEZ SUR LE LIENS SUIVANT : http://www.histoire-vendee.com
Par syl lumeau
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Lundi 31 janvier 2005
 Vendée, dont le nom, célèbre dans le monde entier, a comme de prestigieux et magiques accents, faisait, avant la Révolution, partie de la province du Poitou, fameuse dans les fastes de l'histoire nationale.

Le choix de ce nom de Vendée, que les Constituants trouvèrent en 1790, lors de la réorganisation administrative de la vieille France, fut des plus heureux. Par sa forme brève et concise, il s'est merveilleusement prêté à désigner un peuple que son héroïsme devait faire qualifier, par le plus grand capitaine des temps modernes «  de peuple de géants ».

Il convenait admirablement aussi à désigner une unité sociale constituant un des rares départements de France qui ait son histoire particulière, parce qu'il a, sous des noms différents, son unité dans le passé comme dans le présent, - un pays qui, suivant la juste expression d'Emmerdée Thierry, a présenté à toutes les époques, un remarquable caractère d'énergie et de grandeur.

Distincte du reste du Poitou par sa constitution physique, non moins par les mœurs que par le caractère de sa population, région naturelle où se fait la transition des climats, des peuples et des races, la Vendée est une sorte de région moyenne où s'établit l'équilibre de la France, au jour des grandes lattes et des grands dévouements.

Située au sud-ouest de l'antique Aquitaine, sur les bords de l'immense Océan, la Vendée, comme la Bretagne, plonge par les nombreux monuments mégalithiques dont elle est parsemée, jusqu'aux époques les plus lointaines de l'histoire.

Toutes les périodes de la vieille Gaule et de la vieille France ont, sur ce sol labouré par les révolutions, des représentants et des témoins éloquents, dans les fastes de l'histoire, dans les usages, dans les reliques du passé. Ce pays a vu César, Saint-Louis, le Prince Noir, Duguesclin, Henri IV, Louis XIII, Napoléon. Il a vu les conqué­rants, les armées étrangères fouler son sol et il les a vaincus.

Il a vu naître aussi, ou donné l'hospitalité à de grands écrivains et de grands penseurs. C'est à Fontenay que Rabelais s'est fait moine ; non loin de Bressuire, que Commines a écrit ses mémoires, et c'est à Maillé qu'Agrippa d'Aubigné a fait imprimer la première édition de son Histoire universelle.

A côté de noms illustres à divers titres, comme ceux de Saint-­Hilaire, de Mauléon, de la Trémouille, de Vivonne, Viète, Tiragueau, Brisson, Nicolas Rapin, de la Rochejaquelein, d'Elbée, Stofflet, de Lescure, de Charette, l'histoire de la Vendée a fourni aux romanciers les contes populaires de Mélusine, de Barbe-Bleue et de Guillery: elle est pleure de gracieuses légendes, de touchantes traditions, d'atta­chants épisodes.

Pendant le moyen âge, la Vendée fut le siège d'une aristocratie forte et indépendante ; elle devint, aie XVIe siècle, un dès plus ardents foyers de la guerre religieuse.

C'est à Luçon peut-être, au milieu de la noblesse si indépendante la Vendée, que le fameux cardinal de Richelieu conçut la pensée d'abaisser et de détruire l'aristocratie qui résistait à sa volonté despotique.

Enfin, lorsque l'unité nationale est sur le point de s'accomplir, un cri de résistance s'échappe de notre pays : ce cri est le signal d'une longue et sanglante lutte contre des armées aguerries, conduites par de grands capitaines qui s'appellent Kléber, Hoche, Marceau. Cette dramatique période de notre histoire est le dernier événement qui atteste la puissance provinciale c'est son dernier effort, sa dernière, mais formidable protestation, contre l'envahissement de l'unité.

Pays historique et enchanteur, extrémité du monde antique, que les brises de la mer tempèrent et rafraîchissent, que tant de cours d'eau fécondent et dont le soleil réchauffe les plaines, - pays de quartz et de granit, couvert encore, sur certains points, de rudes bruyères et de sombres ajoncs, ombragé de chênes séculaires, sillonné de collines verdoyantes, de ravins sauvages, de torrents impétueux, et puis semé de paysages qu'eût chantés Virgile, - lacs endormis dans les bois, vallons embaumés, ruisseaux perdus sous les fleurs, et partout ce grand livre dès monuments, où le passé se lit en lettres de pierres; - terre de géants arrosée depuis de si longs siècles partant de sang; illustrée par tant de lauriers; telle est la Vendée que nous voulons faire connaître et décrire avec le sentiment profond de la vérité, le respect absolu de toutes les convictions et de toutes les croyances.

Répondant à un appel éloquent fait, il y a quelques années, par l'érudit président de la Société d'émulation de la Vendée, nous allons essayer de redire l'histoire de ce coin de France qui, naguère encore, calomnié par les ignorants et les aveugles, passionne aujourd'hui les savants, les poètes, les philosophes et les artistes.

Dans l'étude que nous entreprenons, nous embrasserons la Vendée depuis ses origines les plus recalées jusqu'à nos jours. Nous irons chercher le druide dans la forêt sacrée, le patricien romain dans sa riche villa, le baron féodal derrière son formidable et sombre donjon, le religieux au fond de son monastère, l'agriculteur derrière sa charrue, l'artiste dans son atelier, le poète dans sa solitude, l'écrivain dans son cabinet, le navigateur sur la « plaine qui se sillonne d'elle-même », le guerrier sur le champ de bataille, l'explorateur sous les feux die tropique, ou dans les sables du désert. Au milieu des transformations sociales qui s'opèrent et qui, peu à peu, changent la face des sociétés et des nations, notre Vendée touche de plus en plus à une vie nouvelle, mais non pas à la mort comme l'ont murmuré quelquefois des esprits par trop chagrins, et c'est pour cela que nous voulons tracer à la fin du siècle qui s'achève, un portrait d'ensemble aussi fidèle que possible, d'une des plus anciennes et des plus nobles parties de la France.

A défaut dit génie qui pourrait donner à ses traits le sceau de l'immortalité, nous avons du moins la piété filiale qui les rendra fidèles: ce sera là notre principal mérite.

C'est dans cet esprit que notes entendons écrire l'histoire générale de la Vendée; si nous la comprenions autrement, l'œuvre de nos devanciers rendrait la nôtre inutile.

L'abbé Baudry, Legrip, Auber, de Chergé, en ont rapporté les traditions et les légendes; les savants Besly, Thibaudeau, Cavoleau, Dreux-Duradier, Beauchet-Filleau, Crétineau-Jolly, de la Fontenelle de Vaudoré, Audé, de la Boutetière, de Sourdeval, Arnaud, du Tressay, Marchegay, Lièvre, les abbés Aillery, H. Boutin et Teillet, Petiteau, Puichaud, Pitre-Chevalier, la marquise de La Rochejaquelein, De Brem, Dugast-Matifeux, Giraud, Viaud-Grand-Marais, Brethé, Merland, Charrier, de Rochebrune, Fillon, Gallet, Chassin, Eug. Louis, Bitton, Bourgeois, etc., ont patiemment amassé le trésor des documents constitutifs de ses annales.

Mais si chacun de ses écrivains, avec l'autorité de son talent, s'est emparé d'une portion de l'histoire de la Vendée, personne n'a encore essayé jusqu'ici de résumer tant d'études spéciales, dans un travail véritablement général et complet, assez étendu pour tout comprendre, et assez restreint pour être populaire. C'est précisément ce vide que nous avons essayé de combler, Que les auteurs dont nous avons cité les noms, que ceux dont le souvenir pourrait nous échapper ici, reçoivent à cette Place, l'assurance de nos sincères remerciements, car c'est à eux que nous devons le meilleur de notre travail. Nous avons comme eux, fouillé la mine historique, les sources originales, les bibliothèques publiques et privées, les publications de toutes natures, les cabinets de médailles, les collections particulières de toutes sortes, vases, émaux, faïences, porcelaines, etc. ; interrogé le soi du pays qui est le nôtre.

Nous avons maintes fois parcouru avec un plaisir et un intérêt toujours croissant ses plaines, ses marais et ses côtes; nous avons exploré son frais et poétique bocage « ce labyrinthe inextricable et profond» comme l'appelait Kléber, où le voyageur rencontre à chaque pas de délicieux paysages, des vues pittoresques et variées, mais aussi, trop souvent hélas ! des ruines, tristes vestiges de nos discordes civiles, qui rappellent néanmoins de grands et impérissables souvenirs.

Nous avons traversé ses forêts, ses bois silencieux, sous les rayons du soleil, à la lumière des nuits étoilées, sous les rafales de la tempête. Nous avons interrogé les vieux restes de ses manoirs démantelés, accrochés comme des nids d'aigles aux flancs de la colline; nous avons erré au milieu de ses abbayes fameuses, dans l'enceinte desquelles les chants religieux ont depuis longtemps fait place aux cris rauques des hiboux et des corneilles.

Nous avons parcouru ses plages magnifiques, à l'horizon desquelles se confondent l'azur du ciel et l'azur de l'Océan, comme se confondent sur les confins de notre imagination, ces deux autres azurs, l'idéal et l'art, le rêve et la nature.

Nous avons contemplé l'Océan, avec ses vagues, ses courants passagers, ses rochers, ses brisants, ses écueils, nous avons essayé de décrire la configuration de ses rivages, frangés de la blanche écume des flots, et le long desquels se voient souvent, singulier contraste d'un côté l'asile de la prière, de l'antre un monument guerrier, tels l'église de Saint-Jean-d'Orbestier et la tour d'Arundel.

Si dans l'ouvrage que nous offrons au public, notre avis diffère quelquefois de celui des écrivains qui nous ont précédés, il ne nous en coûte pas néanmoins, de dire que sans leurs travaux, le nôtre, oeuvre de la réunion de talents divers, eut été irréalisable.

Ils se reconnaîtront souvent dans nos pages, et ce n'est pas de lit qu'elles tireront leur moindre prix.

Puissions-nous avoir fait oeuvre durable et féconde !


Fontenay-le-Comte, le 1er juin 1901.


LOUIS BROCHET
Par syl lumeau
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Lundi 31 janvier 2005
Le Bocage, la Plaine, le Marais, les Iles
Les côtes de Vendée, - les Dunes (époque de leur formation)
Le pays de Monts : Ancienneté du commerce maritime, - Furcoe Portus, - Exode du corps de Saint Filibert, - Anciennes locatités.
Noirmoutier, - Le Huttier de Challans, - Le Niolages, - Singulier contraste.
Le Portus Secor.

 

LE BOCAGE. - LA PLAINE. - LE MARAIS. - LES ILES.



Le Bocage, ainsi nominé à cause des bois qui s'y trouvent, ou plutôt des arbres qui, semés au milieu des Baies, forment l'enclôture des innombrables propriétés particulières, Comprend environ les 5/9 du département dont la superficie totale est de 669,282 hectares. Il occupe le centre et le haut pays, en s'éloignant de la mer et de la Loire.

Assis presque partout, sur le terrain primitif, recouvert d'une couche d'argile compacte, le Bocage présente, au printemps surtout, un coup d’œil féerique, dont les beautés ont été rendues dans les couvres les plus admirées du Poussin (1).

Le Bocage, que ce simple mot évoque de souvenirs ! Le Bocage, c'est la fraîcheur, les grands bois, le calme, la retraite nais c'est aussi l'énergie farouche, la foi ardente, la fidélité aux vieilles institutions. Et ce sont ces deux aspects, qu'un poète vendéen, Emile Grimaud, a si bien exprimés dans ce vers resté célèbre :


O terre de géants et de genêts en fleurs!


La force unie à la grâce.


C'est cette terre qu'a chantée Victor Hugo, vendéen par sa mère (2).- Evoquant les grandeurs et les tristesses de la grande guerre ; le poète chantait sur sa lyre :


Vendée, ô noble terre ! ô ma triste patrie !

Tes guerriers périront, mais toujours invincibles,

S'ils ne peuvent punir, ils sauront se venger.

Car ils verront encore fuir ces soldats terribles

Devant qui fuyait l'étranger !


Dans ce pays sillonné par de nombreux cours d'eau, aux contours capricieux et changeants, hérissé souvent de rochers gigantesques, ou bordé de riantes prairies, vous voyez fondus dans le même plan, des ajoncs et des genêts sauvages, d'épais taillis, au-dessus desquels s'élèvent un bois de hêtres, un rideau de pins, et au centre, des moissons merveilleuses et abondantes.

Dans les contrées de la Châtaigneraie, Pouzauges, les Herbiers, Mortagne, Rocheservière, Chavagnes-en-Paillers Montaigu, etc., les eaux de pluie, fort abondantes dans cette région granitique, voisine du grand réservoir océanique, ne trouvant point dans le sol de fissures qui leur permettent de couler sous les couches superficielles, pour reparaître au loin en rivières imprévues, forment d'innombrables ruisselets, courent dans les prairies, autour des vieux manoirs, au flanc des hameaux cachés dans la verdure, se perdent dans la profondeur des bosquets, brillent à travers les oseraies, les fougères, les pervenches, d'où elles s'échappent bientôt en cascades rapides, joyeuses comme les oiseaux qui s'y désaltèrent et y trempent leurs ailes en passant.

La vallée de Tiffauges, située à quelques lieues de Clisson, à l'entrée de cet élysée vendéen qui borde la Bretagne et le pays de Mauges, ce mata gens de César, est surtout admirable à contempler du haut des vastes ruines du château de Barbe-Bleue.

« Du sommet sourcilleux de ces ruines humaines, toutes les splendeurs de l'immortelle nature se déploient dans la vallée. La Sèvre tourbillonne à vos pieds, autour des usines et des moulins de Tiffauges, jette une poussière blanche au flanc noir des rochers, disparaît sous les arches (les ponts et sous les voûtes des arbres, et s'enfuit au travers des îles en fleurs, des coteaux étagés à perte de vue, des prés couverts d'aulnes et de peupliers, vers le magnifique château du Coubourreaux et vers son parc qui serait royal - si les rois en avaient un pareil (3).»

Rien de frais et de luxuriant comme la végétation du bocage vendéen aux sites duquel il ne manque souvent, pour avoir une célébrité européenne, que d'être placés dans la Suisse ou dans l'Italie, dont ils égalent souvent les plus ravissants points de vue.

La flore très abondante et très variée ajoute encore par son éclat, aux splendeurs de la nature. La digitale mêle ses tiges pourpres à la blancheur immaculée des anthémis sauvages, aux coquettes clochettes bleues des campanules, aux touffes élégantes de l'orgueilleux coquelicot, aux élégantes asphodèles, aux bouquets embaumés d'églantiers aux étoiles rouges et blanches.

Les sentiers y ressemblent à des allées de charmilles. Vous marchez sur une pelouse épaisse, entre deux rangs d'arbres festonnés de clématites, de roses sauvages et de chèvrefeuilles.

A travers ce filet odorant et serré, vous voyez à peine l'or des épis flotter dans les champs, les taureaux curieux, dresser leurs jeunes cornes à l'échalier des pâturages, et, çà et là, d'énormes bers gris montrer leurs fronts moussus entre les branches chêne(4).

Où finit cette région poétique que l'imagination a peuplée de farfadets et de loups-garous, commence la plaine, qui, des Essarts et de Chantonnay, s'étend d'un côté jusqu'à Benet, et de l'autre jusqu'à Luçon, avec de nombreuses ramifications dans l'arrondissement des Sables-d'Olonne. Sa surface, qui offre cependant des inégalités sensibles, est d'environ le 1/8 de celle du département.

Arrosée par quelques rares ruisseaux qui tarissent pendant l'été, dépourvue presque complètement d'eaux vives, la plaine présente un aspect triste et monotone qui n'est rompu que par quelques vignes que l'on voit surtout aux environs de Fontenay, dans quelques communes des cantons de Mareuil, de Luçon et de l'Hermenault; et par des bouquets de bois, décorés souvent du nom pompeux de forêts, que l'on trouve çà et là jetés comme des oasis au milieu d'une région torréfiée par les feux du soleil, dont aucun obstacle ne peut arrêter ni modifier l'action.

Déroulant au-dessous des versants granitiques et schisteux, les légères ondulations de son étroite lisière, ses reflets verdissants ou dorés de mars en juillet, sont alors remplacés par une teinte uniforme d'un brun intense, dont la tristesse, comme celle d'une nature morte, contraste fortement avec les remparts de verdure qui l'encadrent de chaque côté.

Plus bas encore, et de formation plus récente, s'étend enfin le marais, riche bordure, coupée de canaux, parsemée d'îles se détachant sur le fond des arbres et des prairies, et que frangent d'or les dunes de la mer.

Cette plage, d'environ 7000 mètres de largeur réduite, avec une pente moyenne de 0,0025 par mètre, autrefois couverte par les eaux de la mer, comprend le marais occidental, assis sur un lit de sable, et le marais méridional, sur une glaise compacte appelée « bry », dont les sondes n'ont pu encore, en certains points, donner la profondeur (5). La nature a fait beaucoup pour le premier ; saris l'art, on n'aurait tiré aucun parti de l'autre. Mais ce n'est pas sans un travail gigantesque que, depuis Henri IV surtout (6), l'homme a pu, à l'aide d'un immense et magnifique système de dessèchement, prendre au littoral des terres incertaines, que lui disputaient les alluvions et les flots, et qui, pour l'ancien golfe du Poitou, représentent une surface de plus de 400 kilomètres (7).

C'est par un prodigieux développement de travaux, que ces terres, jadis vouées à la stérilité, couvertes de marécages, habitées, surtout dans les vallées de Sèvre, de la Vendée et de l'Autise, par une population désignée sous le vieux nom de « Colliberts », à demi amphibie, vivant autant et plus sur les bateaux que sur les îles de ces marais, et dont on ne retrouve plus guère le souvenir que dans l'existence, bien améliorée, des huttiers, sont devenues aujourd'hui d'une fertilité étonnante.

C'est la patience et le génie humains qui ont conquis, pied à pied, sur l'élément marin, ces riches terrains qui, sans s'épuiser, produisent d'abondantes récoltes qui, chaque jour, sont délivrés de leurs eaux nuisibles par un ensemble admirable de. digues et de canaux (8), tous solidaires les uns des autres, et qui se seraient trouvés paralysés par l'encombrement d'un seul d'entre eux, si on n'avait placé ces terrains bas et inondés, sous le contrôle de syndics; Représentant les intérêts multiples des propriétaires, dont les parcelles réunies forment une sorte de communauté régie par des règles particulières, au profit de tous, les syndicats, grâce à une sage et intelligente organisation ont, par un écoulement et un aménagement judicieux des eaux, fait de ces terrains, jadis improductifs, quelque chose d'équivalent aux conquêtes que les Hollandais ont opérées sur les rivages de la mer du Nord.

Sur les bords de la baie de Bourgneuf, en face de Noirmoutier, les terres conquises sur la mer ont, comme dans les marais de la Sèvre-Niortaise, été transformées en terrains de culture, sur le modèle des polders hollandais toutes les laisses maritimes du golfe sont ainsi utilisées les unes après les autres, et même des îles ont été peu à peu rattachées au continent. La carte de Pierre Roger, de 1.579, nous montre encore l'île de Bouin en pleine mer, et place une deuxième île plus à l'est, dans les plaines basses qui s'étendent de nos jours au pied des coteaux de Châteauneuf. Il n'y a pas bien longtemps, la première était isolée par un bras de mer large et profond, que l'on nomme le Dain. En 1752, un navire anglais, le « Jason », se perdit en s'engageant dans le Dain pour donner la chasse à des navires de commerce français qui s'échappèrent en sortant par l'extrémité opposée du canal de l'Epoy. Dans cette même année 1752, deux navires d'un certain tonnage furent jetés par la tempête près de l'embouchure nord du Dain, dans les marais nommés Les Quarante-Aires et la Rochelle (9).Il y a quelque quarante ans, on y voyait encore leurs débris.

Noirmoutier, dont nous avons parlé plus haut, appelé par le peuple Nermoutier et Hermoutier, est une île basse, située sur la côte vendéenne, à peu de distance de l'embouchure de la Loire.

Placée obliquement par rapport au littoral voisin, elle s'en rapproche vers le sud, et n'est séparée de la côte de la Barre-de-Monts que par un détroit de 800 mètres, le Goulet de Fromentine ; mais à marée basse, elle se trouve entièrement reliée à la Vendée, puisqu'une partie du Gua ou Gois (10) livre, depuis 1766, passage aux voitures et aux piétons des balises-reposoirs bordent la digue qui porte la route de la Roche-sur-Yon à Noirmoutier, et peuvent servir de refuge aux piétons surpris par la marée.

Cette île, d'après une tradition constante (11), était la demeure des vierges sacrées qui donnaient aux Celtes beau temps ou mauvais temps. Là, elles célébraient leur triste et meurtrière orgie, et les navigateurs entendaient avec effroi, de la pleine mer, bruit de leurs cymbales barbares.

Si. Noirmoutier est rattaché au continent par le Gua, des fonds de roche relient sous-marinement l'Ile-d'Yeu à la terre ferme, par un de ces isthmes submergés que les marins eux-mêmes désignent sous le nom de ponts.

L'Ile-d'Yeu est un rocher de gneiss et de micaschiste puissamment fortifié, qui a des collines de 35 mètres, des sources vives et quelques ruisseaux. Son meilleur port, appelé Port-Breton ou Port-Joinville, s'ouvre sur la côte du nord-est : la côte de l'ouest et du sud est essentiellement une côte sauvage ou côte de fer, composée de roches élevées, ardues, inhospitalières.

Asseyons-nous sur cette formidable pointe des Corbeaux, sur ce rocher miné, à cette hauteur de près de cent pieds, d'où nous voyons cinq lieues de côte. Plus d'un vaisseau a péri dans ces parages ; toute cette côte est un cimetière la mer est anglaise d'inclination, elle n'aime pas la France. Rien n'est sinistre et formidable comme cette côte du sud : là, les deux ennemis sont en face : l'homme et la nature, la terre et la mer. Il faut voir quand elle s'émeut, la furieuse, quelles monstrueuses vagues elle entasse à la pointe du Châtelet ! Et même dans les moments de trêve, quand l'Océan se tait, qui a parcouru cette côte funeste sans dire ou sentir en soi, comme le poète : Tristis us que ad mortem 1


(1) Sylvanecte. -Profils Vendéens, page 8.

(2) Mlle Trébuchet, échappée comme par miracle aux noyades de Nantes.

(3) Pitre-Chevalier. - Bretagne et Vendée.

(4) Pitre-Chevalier. - Bretagne et Vendée.

(5) Sur la Sèvre-Niortaise, entre Vix et Taugon, les sondages que nous avons effectués en 1898. ont accusé une profondeur de 21 m. 92.

(6) Les premiers travaux de dessécheraient des marais vendéens remontent jusqu'au XIIe siècle, par l'établissement du canal de Luçon à la mer. - En 1217, on y ajouta le canal des Cinq-Abbés, et plus tard, triais dans le même siècle, celui de Marans. - Les premiers dessèchements importants, dits du Petit-Poitou, furent exécutés en 1643, par Sielte et Filâtre, ingénieurs de la Flandre hollandaise. Bien conçus et bien conduits, ils ont vraisemblablement servi de modèle à tous les autres.

(7) Les marais desséchés, les marais mouillés et les marais salants, représentent aujourd'hui une superficie d'environ 150,000 hectares. Dans les parties les plus basses des marais mouillés, au milieu de plantations marécageuses, des espaces, considérables, surtout dans le marais de Challans, entre Beauvoir et Bouin, se trouvent occupés par d'importantes rouchères. Les roseaux qui en proviennent servent à cuire le pain, à couvrir les cabanes des huttiers, les granges; les étables, à faire des fascines, etc. On estime généralement qu'une bonne rouchère ou rozelière vaut autant qu'une bonne terre labourable.

(8) Les grands canaux de dessèchement ont environ 9 mètres de largeur. Ils sont garantis du flux de la mer au moyen de portes busquées, en général de 3 à 4 mètres de largeur entre les bajoyers. Les têtes d'amont de ces écluses reçoivent, entre deux coulisseaux, une porte-vanne qu'on fait généralement manœuvrer à l'aide d'une vis verticale. - Elle sert à retenir, dans les canaux, les eaux douces pendant la sécheresse. On la lève pour obtenir le dégagement.

(9) Études physiques et historiques sur le littoral vendéen, par Mourain de Sourdeval.

(10) Du mot vendéen goiser, se mouiller les pieds.

(11) Strabon, le premier géographe de l'antiquité, place au-dessous de la Loire l'île où les neuf vierges les plus renommées de l'Occident lisaient dans l'avenir (l'une d'elles prédit l'empire à Dioclétien) et vendaient aux navigateurs le vent, qu'elles changeaient à leur gré en brises favorables ou en tempêtes affreuses. Or, telle est la position de Noirmoutier.

LES COTES DE VENDÉE. LES DUNES.
(ÉPOQUE DE LEUR FORMATION).


De l'embouchure du Lay au canal de Fromentine, la côte, hérissée de rochers qui s'étendent quelquefois fort avant dans la mer, s'élève insensiblement.

La côte de la Tranche, séparée de l'Ile de Ré par le Pertuis - Breton, est tristement célèbre dans l'histoire des sinistres maritimes, et le mouillage des navires continue à présenter les plus grands dangers, jusqu'à Jard, lieu ancien où existait autrefois un goulet ou port, aujourd'hui envasé. A peu de distance de Jard, qui garde encore les traces de l'occupation romaine, se trouve l'embouchure' du Perray, petite rivière que jadis les navires remontaient pour aller jusqu'à Talmont. L'embouchure du Perray marque pour ainsi dire l'origine de la côte sablonneuse d'Orbestier, qui précède le territoire des Olonnes, dont le chef­lieu fut d'abord le bourg des Olonnes; mais la ruer, se retirant peu à peu en laissant des sables accumulés, on construisit des deux côtés d'un petit golfe, la Chaume et les Sables-d'Olonne.

Du territoire des Olonnes on arrive au havre de la Gâchère, situé à l'embouchure de l'Ausance, et auquel des travaux considérables viennent de rendre une partie de son ancienne impor­tance.

Du hâvre de la Gâchère à la rivière la Vie, la côte est presque partout très plate, mais quand, par extraordinaire, la mer est profonde, ses côtes sont hérissées de rochers, et les vents y sont d'une violence extrême. Cette côte est inabordable et les naufrages y sont fréquents. L'anse du Repos et celle de la Petite­Sausaie, sont les seuls points du rivage où l'on puisse aborder, et encore, avec de petites embarcations.

Saint-Gilles (1), à l'embouchure de la Vie, est le second port de la Vendée; d'une grande importance dans les temps anciens, il l'est encore aujourd'hui par suite des grands travaux exécutés. Séparée de Saint-Gilles par la rivière, Croix-de-Vie participe de l'importance du chef-lieu dont elle est pour ainsi dire le prolongement. Avec Croix-de-Vie, commence le marais occidental.

Depuis Saint-Gilles jusqu'à la Barre-de-Monts, le littoral, bordé d'une chaîne de rochers et de monticules de sables amoncelés par les vents, est presque inabordable.

La côte de Sion, qui repose sur une roche de schiste talqueux, est, elle aussi, tristement célèbre à cause de ses sinistres maritimes. C'est près du moulin de Sion, notamment, que fit naufrage le jeune La Robrie, que Charette avait envoyé auprès du gouvernement britannique pour en solliciter des secours. Plus heureux que lui, Mgr Brumauld de Beauregard, vicaire général de Luçon, mort ancien évêque d'Orléans, débarqua sans accident sur cette côte, quelques mois après, quand il revint d'Angleterre, en 1795, pour administrer la Vendée sous le rapport spirituel (2). Chose étrange, les habitants de cette partie du département, bien que placés sur les bords de l'océan, sont presque étrangers à la navigation. Aussi, durant les guerres civiles, les Vendéens ne purent-ils que difficilement communiquer avec les Anglais.

En arrière de cette bande de rochers, les vents d'Ouest et du Sud-Ouest qui soufflent avec une extrême violence, ont transporté et transportent chaque jour une énorme quantité de sables mouvants, qui, dans les parties les moins escarpées de la côte, forment des dunes ou monticules de 15 ou 20 mètres de hauteur. Cette bande de sable à peu près continue, peut avoir une largeur moyenne de 1 kilomètre pour 100 kilomètres de longueur. Ici, l'art et l'industrie n'ont rien eu à faire pour empêcher les invasions de la mer, qui s'est posée à elle même des limites qu'elle ne peut plus franchir : mais en échappant à ce danger, cette partie du littoral en subi un autre, celui d'être submergée par les eaux continentales, qui, retenues par ces mêmes sables, n'ont plus leur écoulement vers la mer.


Depuis le canal de Fromentine jusqu'à l'extrémité septentrionale de l'île de Bouin, la côte plate et vaseuse, bordée de digues construites par l'industrie, afin d'empêcher le flux de la mer de se répandre sur la plaine aux jours de syzygie, s'élève insensiblement par atterrissements successifs, dus en, grande partie au voisinage de l'embouchure de la Loire.

Les dunes de la Vendée, produites par des courants de l'Océan auxquels les vents servent d'auxiliaires, doivent avoir fait depuis les temps les plus reculés leur apparition sur notre sol. Néanmoins notre littoral n'a été abîmé sous des montagnes de sable que depuis un certain nombre d'années. Il suffit de l'étudier depuis l'île de Noirmoutier jusqu'à la pointe de l'Aiguillon pour en avoir des preuves certaines. Dans l'île de Noirmoutier, la côte de Bressuire à la Fosse, sur un espace d'environ trois lieues, était couverte par des >habitations qui sont aujourd'hui remplacées par des dunes. Les villages primitifs des Ecloux et du Bot ont entièrement disparu. Un seul ouragan engloutit, en 1763, un grand nombre de maisons de la paroisse de Barbâtre et un moulin à vent dans presque toute sa hauteur.

L'église de Notre-Dame-de-Monts, mentionnée dans une chartre de 1136, est ensablée de plus de quatre mètres, et dominée de toutes parts par des dunes d'une grande hauteur.

La profondeur des dunes de Saint-Jean-de-Monts est en quelques endroits de 5000 mètres. Il existait jadis des monuments mégalithiques dans le terrain qu'elles occupent.

A Jard et à Saint-Vincent-sur-Jard, les dunes ont pour bases le sol gallo-romain, et celui-ci le terrain foulé parles Celtes, qui y ont laissé une partie de leur mobilier et leurs ustensiles en pierres.

Le ruisseau du Goulet qui coule à St-Vincent-sur-Dard avait, il y a deux siècles, son embouchure dans la mer, là où s'élève aujourd'hui une dune de 7 mètres de hauteur.

La commune de Longeville, qui a plus de deux lieues de côte, était, ainsi que le constate l'abbé Baudry, une longue suite de villa gallo-romaines, au pied de dunes qui ont de 30 à 50 mètres d'élévation.

Selon toutes probabilités, ces dunes, au commencement de l'ère chrétienne, étaient peu considérables et ignorées en certains points des Celtes et des Gallo-romains.

Mais depuis longtemps leur marche a été effrayante. A Noirmoutier, elle était au commencement de ce siècle, de 20 mètres par an, au rapport de M. Piet, l'auteur des Recherches sur Noirmoutier, et presque partout ailleurs de 2 mètres environ. La grande dune de Pé-du-Guet, dans Bretignolles, s'est déplacée et s'est avancée dans les terres de 30 à 40 mètres en vingt ans. Avant que l'administration les eut changées, pour la plupart, en des forêts toujours vertes, en y semant il y a quelque 45, ans, des sapins du nord, il arrivait de temps à autre qu'une seule tempête bouleversait quelques dunes de fond en comble, et les jetait sur les terrains les plus fertiles. Un cyclone, qui dura seize jours consécutifs, en 1'193, fit avancer les dunes de 500 mètres, non loin de la grotte de Saint-Vincent, qui, paraît-il, aurait été dans le voisinage 4e la Couche de l'Hermitage, et couvrit les riches marais de la Trésorerie qui appartenaient aux chanoines de Luçon. Le village de la Quenouillerie eut le même sort. Là où le système des plantations n'est pas encore en vigueur, on voit quelque fois une dune coupée en deux par un tourbillon, et une autre se former à quelque distance sous le coup d'une pluie de sable (3).

On peut affirmer que cette marche des sables, qu'on peut fixer avec une précision presque mathématique, aurait, vite envahi de nouveaux espaces, si le pin maritime ne fixait ce sol mobile, et n'arrêtait l'ensablement de nouveaux villages et de nouvelles cultures.

« Placez-vous au milieu de cette pluie de sables pendant un ouragan : cette surface, d'une perspective monotone, d'une blancheur qui fatigue les yeux, soulevée par les vents en furie, ressemble elle-même à la mer agitée ; des brouillards d'un sable fin obscurcissent l'air, les grains enlevés roulent à vos pieds, volent au-dessus de votre tète, vous frappent la figure avec force ; vous les voyez s'étendre toujours en avant, former de nombreux monticules ou aller ensevelir les maisons et les plus belles cultures, partout où la main de l'homme n'a pas encore créé ces plantations bienfaisantes. Honneur à Brémontier ! » (4)



(1) C'est de Saint-Gilles qu'on communique le plus habituellement avec 1'Ile d'Yeu, située à environ 25 kilomètres du continent.

(2) Cavoleau. - Statistique de la -Vendée, pages 178-179.

(3) Congrèsarchéologique de France. - Fontenay 1864. - Extrait du rapport de l'abbé Baudry, pages 31, 31, 33, et 34, et statistique de la Vendée.

(4) Cavoleau, page 172.


LE PAYS DE MONTS

Au commencement de l'ère chrétienne, le pays que nous appelons le marais occidental de la Vendée, et qui s'étend de Bouin à Saint-Gilles-sur-Vie, par Challans, gisait probablement sous l'Océan. Une longue ou plutôt une langue étroite de sables mouvants, projetait, du nord au sud, ses collines arides entre les îles de Noirmoutier et de Riez.

Ses limites étaient : au nord, le détroit de Fromentine au sud, le canal de Besse ; à l'est, une baie très échancrée, qui la séparait du continent ;à l'ouest, six lieues de mer ; puis, le rocher granitique de l'Ile-d'Yeu ; et par delà l'immensité, une terre inconnue que Christophe Colomb ne devait découvrir que 1500 ans plus tard.

Cette île, c'était l'île de Monts Insula de Montibus. Le travail lent, mais continu, de l'alluvion, a rétréci peu à peu le canal et la baie. Les vases, journellement apportées par les courants pélagiens, se sont soudées, d'un côté, aux sables de l'île de Monts, et de l'autre, aux rivages de Beauvoir, de Saint-Gervais et de Saint-Urbain. Ces atterrissements sont indiqués dans l'acte de fondation de l'abbaye Blanche, à Noirmoutier, en 1205, comme étant de formation récente. Le canal de Besse n'avait plus, en 1622, d'après Bassompierre, que la largeur de la Seine devant le Louvre la carte de l'ingénieur Masse prouve qu'il était entièrement comblé en 1705.

Le même phénomène agissant autour des îles de Bouin, de Riez, du Perrier et autres, toutes ont fini par être incorporées aucontinent avec lequel elles formeraient aujourd'hui une masse complètement homogène, si elles ne contrastaient pas, par la nature de leur sol, avec le terrain primitif d'une part, et de l'autre avec le bras de mer qui les entourait autrefois. L'ancien rivage, dont les échancrures formaient les péninsules de Beauvoir et de Saint-Urbain, est composé de rochers schisteux, que les habitants appellent pierre froide.Les îles consistent en des éminences sablonneuses ou en des noyaux calcaires, entre lesquels git le terrain d'alluvion. Ce dernier a généralement peu de profondeur, et recouvre un banc de calcaire qui passe sous les dunes et plonge dans la mer. Il va à travers les sables du détroit de Fromentine, rejoindre l'île de Noirmoutier, sur laquelle l'alluvion agit avec tant de puissance, qu'elle n'est déjà plus, à marée basse, qu'une presqu'île, et que dans deux ou trois siècles au plus, elle sera à son tour réunie au continent.

Sans ces différences de terrains, on rechercherait vainement aujourd'hui l'île de Monts, la haie qui la séparait de la terre ferme, le canal de Besse et les deux ponts qui servaient à le franchir, à Orouet et aux Mattes. Il en est encore de tous ces lieux comme des champs de l'Asie Mineure, où s'élevait la ville de Troie : Campos ubi Troja fait.Qu'en reste-t-il ? des noms plus ou moins sonores

La partie de l'ancienne île de Monts, qui regarde l'Océan, présente sans interruption, sur une longueur de 15 kilomètres, une plage sablonneuse offrant peu de déclivité. Dépourvue de hâvres et de ports, cette côte est complètement inabordable aussi-a-t-elle été de tout temps comme celle de la Tranche, féconde en naufrages. Les habitants séparés de la mer par une chaîne de dunes sont, eux aussi, à peu près étrangers-à la navigation maritime. Cinq ou six barques seulement, montées par une douzaine d'hommes, se livrent pendant la belle saison à la pêche de la crevette. Les dunes qui couronnent cette vaste et magnifique plage sont actuellement ensemencées de pins maritimes destinés à opposer une solide barrière à l'envahissement des sables. Les parties basses comprises entre deux chaînons de dunes, désignées sous le nom de parées, forment des plateaux relativement fertiles, on y trouve de l'eau douce, quelques bouquets d'arbres, des vignes, des potagers, des champs de pommes de terre et des planches de délicieuses asperges. La rive du marais qui côtoie le pied des dunes est très boisée ; les ormeaux y alternent avec les peupliers blancs.

La partie marécageuse est sillonnée par un nombre infini de canaux et de fossés de toutes largeurs, qui servent à son dessèchement et à la délimitation des propriétés. Le cours d'eau principal est l'Etier du Périer qui, après avoir baigné cette commune traverse celles de Saint-Jean, de Notre-Dame et de la Barre-de-Monts, et vient se jeter dans le détroit de Fromentine par une embouchure commune avec le Grand Etier de Beauvoir.

La communication de ce chenal avec l'Océan est réglée par trois écluses, sises à quelques mètres l'une de l'autre, près du quai de la Barre-de-Monts.

En hiver, une grande partie du marais est couverte par les eaux pluviales. Terres arables, prairies, charrauds, tout disparaît sous une nappe liquide qui offre l'aspect d'un lac, du sein duquel surgissent une multitude d'îlots, supportant des fermes et de misérables bourines. On se croirait encore au temps de Bassompierre, avec cette différence que l'eau douce a remplacé l'eau salée. Cette inondation périodique est un bienfait, car les eaux, semblables à celles du Nil, déposent en se retirant, au printemps, un limon favorable aux prairies et aux terres ensemencées.

Si d'un côté l'on se sent attristé par l'aspect plat et monotone du marais, on est dédommagé de l'autre, par le voisinage de la mer et par la vue des hautes collines, autrefois arides, aujourd'hui verdoyantes, au pied desquelles se succèdent une foule d'habitations rustiqués, à demi voilées par de gaies plantations de peupliers et d'ormeaux (1).


(1) Le pays de Monts, par Edouard Gallet. - Annuaire 1868-1869.


ANCIENNETÉ DU COMMERCE MARITIME. – FURCOE-PORTUS. - EXODE DU CORPS DE SAINT FILIBERT. - ANCIENNES LOCALITÉS.

Des briques, des ardoises, des agrégations de ciment, des débris de pierres étrangères au pays, des parpaings, des délestages en granit, schiste ou calcaire employés comme moellons dans les anciennes constructions de l'Ampan et dans celle du château de Beauvoir, sont la preuve de l'extrême ancienneté du commerce maritime en ces parages.

Dans le récit (1) de la translation, au mois de juin 836, des reliques de saint Filibert, de Noirmoutier à Déas (2), Ermentaire, l'un des moines, dit : « Le cercueil tiré du lieu où il était déposé, « pendant que l'on chantait des psaumes, fut placé dans un « navire, qui, à l'aide d'un vent favorable, arriva à Furcoe -« Portus ». Ce lieu, dont aucun mot analogue ne rappelle aujourd'hui le nom, était sans doute celui où se réunissaient par une embouchure commune et en faisant la fourche,les deux Etiers, venant l'un de Pont-Habert, l'autre du Perrier. A partir de là, des prêtres, des diacres, des religieux, portèrent sur leurs épaules le cercueil contenant les reliques, jusqu'au lieu de leur destination. La route de Furcœ-Portus à Déas, qui est d'environ dix lieues, fut partagée en. quatre jours de marche, et le récit de cette marche processionnelle nous révèle l'existence ancienne de plusieurs localités. La première couchée se fit à Ampennum (3); les reliques y furent exposées pendant trois jours, ce qui indique l'importance du lieu. La seconde station se fit à Varinœ, dont on reconnaît exactement- le nom de Varnes marqué sur la carte de Cassini, entre la Garnache et Bois-de-Céné. Il appartient à la première de ces communes. L'aspect de ce hameau, avec ses vieilles tours en ruines, indique une importance ancienne. De Farina on se rendit à Palum (Paulx), et de là à Déas. Déas fut brûlé par les Normands en 847. Le corps y resta néanmoins dix ans encore avant d'être porté, en 857, à Cunault, près Saumur, puis finalement à Tournus.


(1) Ce récit, composé par ordre d'Hilbod, alors abbé de Noirmoutier ou de Her, révèle l'existence ancienne de plusieurs localités.

(2) Aujourd'hui Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

(3) Il est tout probable que le moulin d'Ampan est sur l'emplacement de la ville disparue d'Ampennum, citée par le moine Ermentaire au IXe siècle, et la forteresse d'Ampan, qui figure clans la lutte anglo-bretonne du XIVe siècle.


NOIRMOUTIER

L'île de Her, devenue Noirmoutier, dont nous avons déjà entretenu le lecteur, n'est guère connue que depuis la prédication de saint Filibert, abbé de Jumièges, au VIIe siècle. Des fouilles, faites en, 1863, ont `mis à jour un fourneau destiné à chauffer des bains (romains).

Les travailleurs employés à élever les digues de la Crosnière, en 1.770, appartenaient pour la plupart à l'île de Noirmoutier ; ils prirent l'habitude, pendant lé cours des travaux, de franchir à pied, à basse-mer, le détroit de 4 kilomètres qui les séparait de leur demeure.

Mais le Gois aurait été, d'après de Sourde val, franchi occasionnellement dès une haute antiquité. Des habitants de Nantes, faits prisonniers par les Normands, et emmenés captifs à l'île d'Her, s'évadèrent par le Gois, pendant que leurs farouches vainqueurs, ivres et se querellant pour le partage des dépouilles, oubliaient leur surveillance./p>

LE HUTTIER DE CHALLANS. LE NIOLAGE. -
SINGULIER CONTRASTE.

Le huttier de Challans est un parasite assez heureux des fossés du marais ; il se bâtit une cabane en terre compacte sur une parcelle possédée à titre de rente, ou même le plus souvent usurpée sur l'un des anciens chemins, qui étaient d'autant plus larges qu'ils étaient plus impraticables. Autour de sa chétive demeure, il élève des bandes de canards, d'oies, de dindons, que les, hydrophytes et, les insectes du fossé, les herbes ou les graines de la prairie voisine nourrissent en grande partie. Ces volatiles, amenés sur le marché de Challans ou de Machecoul, y représentent souvent le revenu d'une ferme.


Habitant des environs de Challans (cliché de M. Bonneau).


Le niolage, qui, est la navigation des fossés du marais, offrait, avant la confection des routes, un bénéfice à ceux qui s'y livraient il est encore le seul moyen de communication entre les innombrables- habitations éparses, tant que dure la saison pluvieuse ; les routes, quelque multipliées qu'elles soient, ne pourront jamais les desservir toutes.

En un mot, le pays offre ce singulier contraste,: le marais est une terre fertile, à peine sortie des eaux, ayant devant elle un grand avenir ; ses bords, au contraire, couverts de- débris antiques, tourmentés par la division excessive du sol, témoignent d'un passé riche, brillant, industrieux, dont aujourd'hui ils semblent subir la fatigue.



La ligne des ruines, depuis la Salle jusqu'au Courtillet, et peut-être jusqu'à Beauvoir, n'occupe pas moins de cinq à six kilomètres sur le versant méridional de cette colline de Saint-Gervais, qu'Edouard Richer suppose avoir été déserte à cette époque. De cet amphithéâtre, l’œil embrasse, dans une grande étendue, la verte plaine du marais qui, à l'époque romaine, était ou une haie recouverte par la mer, ou tout au moins une lagune sillonnée de chenaux, dans lesquels circulait la navigation; la chaîne onduleuse et argentée des dunes de Monts et de Riez encadre l'horizon. En face, la plaine de Challans et de la Garnache laisse pénétrer l’œil jusqu'aux collines du Bocage ; la mer se déroule à l'ouest, laissant voir les îles d'Yeu, de Noirmoutier et du Pilier.



Du sommet du coteau, à quelques pas de la Salle, on découvre vers le nord, un autre horizon non moins vaste ; le marais présente sa riche vallée comprise entre Bois-de-Céné, Machecout, Frenay et Bourgneuf. C’était également un golfe où se détachaient les îles de Bouin, Boisseau, Chauvet Ardillon, Quinquenavent, etc. La baie de Bourgneuf, sillonnée de voiles de bateaux pêcheurs, et encadrée des collines de Retz, se présente encore aux beaux jours de juin, comme un lit étincelant où le soleil vient déposer ses rayons. Le diamètre de ce panorama est de près de vingt lieues (1).La position de la villa gallo-romaine, dont nous avons visité quelques restes au mois d'août 1896, était donc admirable ; elle dominait au loin la terre et la mer.



(1) Plusieurs sommets de Riez et de Monts offrent également des panoramas d'une rare magnificence où l’œil embrasse la chaîne des dunes, la mer, ses côtes et ses îles, et au printemps, la verdoyante plaine du marais, couronnée de coteaux boisés. Mais ces panoramas n'ont de lumière et de transparence qu'au printemps ; en automne, tout y parait gris; cil et terre.


LE PORTUS SECOR.


La navigation longeait sans doute les deux rives du promontoire de Beauvoir, et il est permis de se demander si le Portus Secor, indiqué par un ancien géographe, n'aurait pas été en ces parages (1) ; si, par exemple, l'immense amas de délestages qui se trouvaient encore naguère à l'embouchure du Dain, près de Beauvoir, ne serait pas le témoignage le plus imposant de la marine des Pictavi, qui arrêta César dans la guerre contre les Venètes, et du port que Marcien a signalé entre la Loire et la Charente.

Cette hypothèse semble appuyée par la rencontre d'une charpente souterraine au village du Port, commune de Beauvoir, à l'ancienne embouchure du Dain, et tout près du monceau de délestages dont nous avons parlé. Cette charpente en madriers de cœur de chêne, découverte en septembre 1864, dans le jardin de l'une des maisons du Port, par le sieur Cousteleau, propriétaire, qui cherchait une source, était enfoncée à quatre mètres sous terre sa hauteur était de deux mètres, et elle était recouverte de deux mètres d'alluvion, parmi laquelle se trouvait un banc de coquilles d'huîtres, épais d'un mètre, disposé horizontalement, les deux valves réunies, et recouvert lui-même par la terre végétale du jardin. Au-dessous du banc de coquilles et au-dessus de la charpente, se sont trouvés des débris d'ardoises portant la trace des clous qui les avaient fixées à des toits. Cette charpente, qui formait une équerre, paraît avoir été une estacade ; le banc d'huîtres se relie à d'autres bancs de même nature, qui s'étendent depuis ce point jusqu'à Beauvoir, le long de la route, sur une longueur de 1500 mètres, et se montrent à découvert : leurs assises régulières ne peuvent laisser aucun doute sur leur origine naturelle. L'estacade découverte au Port prouve combien ils sont récents, puisque leur formation a succédé à la charpente enfouie et au dépôt des ardoises du XVIe ou XVe siècle au plus.

Ces bancs d'huîtres ne pourraient être recouverts par la mer aujourd'hui, quand même celle-ci serait libre d'y arriver par la rupture des ouvrages d'art qui la retiennent ; quelques marées d'équinoxe permettraient peut-être d'élever les flots au-dessus de ces bancs qui, dans aucun cas, né pourraient être alimentés par des marées-régulières. De là, on peut juger combien ce sol s'est exhaussé, non seulement par la juxtaposition des molécules alluviales, mais aussi par un, renflement du fond. Ce fait, d'ailleurs, est corroboré par la surélévation générale des terres dans le marais, et dans le Gois, et notamment par Faction d'un banc de roches qui, dans la ferme de Prennes, en Saint-Gervais, laissait le passage aux eaux d'amont, il y a un demi-siècle (vers 1848), et qui les retient aujourd'hui(2).


Diagramme du banc de vase molle longeant tout le littoral depuis l'embouchure
de la Gironde jusqu'à le Manche
D'après un cliché de M. Charrier-Fillon.

(1)Quelques archéologues de talent, au nombre desquels se trouve notre savant compatriote, le docteur Marcel Baudoin, pensent que le Portus Secor se trouverait au Havre de la Gachère. - Des fouilles y ont été entreprises dans eu but, il y a peu de temps.

(2) Etudes physiques et historiques sur le littoral vendéen compris entre Saint-Gilles-sur-Vie et Bourgneuf-en-Retz, par Charles de Sourdeval. (Extrait).

Par syl lumeau
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Lundi 31 janvier 2005

 

Le territoire de la Vendée était occupé dans l'Antiquité par le peuple gaulois des Ambilatres ou Ambiliates. Il fut rattaché au territoire des Pictons par Auguste vers 16 av. J.-C.

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province du Poitou.

Son chef-lieu fut d'abord fixé à Fontenay-le-Comte, mais Napoléon Ier choisit en 1804 le site de La Roche-sur-Yon pour établir une nouvelle préfecture (qui prit à l'époque le nom de Napoléon-sur-Yon).

Par syl lumeau
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Mardi 1 février 2005

The Sigournays are of French Huguenot descent,

originally from St. Jean d'Angély in the province of Saintonge, near the western coast of France. Legend has it that the two brothers Jean and Esaye (1671-22nd November 1746) Sigournay came to London in a "hogs head". The son Jean (1710-30th December 1781) and Esaye were both inmates of the French Hospital at the end of their lives. Jean was rich enough to afford his own room while Esaye was removed from the premises on several occasions due to drunkenness and fighting.

They were initially silk weavers,

resident in Spitalfields and later Shoreditch and Bethnal Green. Spitalfields was already a district of textile weavers when the great Huguenot immigration took place after the Revocation of the Edict of Nantes in 1685. The French settlers were attracted to this area partly by the opportunity of practising their craft and partly by the cosmopolitan and nonconformist atmosphere which was already typical of the area.

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A son of Jean,

John had a second son (John - bapt. 1775 at St. Matthew, Bethnal Green) by his second marriage with Sarah. He in turn married a Sarah who bore a first son John (1797-1845, bapt. St. Leonards, Shoreditch) a weaver. He by his marriage to Sarah had the children:- Sarah (1825-1847) and Hannah (1825-?) both twins, John Joseph (1827-1886) the undertaker, George (1828-1882) the cordwainer, Issac Thomas (1836-?) and Caroline Anne (1836-?). In 1841 they resided in Hare Street, Bethnal Green. Jacob Sigournay (the son of John Joseph) was apparently a director of the French Hospital at one time and was also an undertaker.

There is an American branch of the family,

descended from André Sigournay who is also clearly linked to St. Jean d'Angély by baptism certificates. As indeed are many other Sigournay ancesters, through records in the French Hospital. In America the name has become Sigourney.

French Hospital French Hospital, London

The French Protestant Hospital,

known as "La Providence" was created in 1718 as in institution to cater for elderly and infirm French refugees. Jacques de Gastigny, a French Gentleman who had entered the service of William III of Holland, while Prince of Orange, at the Revocation of the Edict of Nantes, and had been Master of the Royal Buckhounds, at his death in 1708 bequeathed £1,000 towards the founding of an hospital in London for the relief of distressed French Protestants. He was also a member of the French Committee for dispensing the Royal Bounty to Huguenot Refugees. The driving force behind the establishment of the Hospital, and the executor of M. de Gastigny's will was the Rev. Philipe Menard.

The money was apparently banked,

for 8 years, during which time with the added interest and further benefactions, adequate funds became available by 1716 to purchase land just north of Old Street, in the parish of St.Lukes, from the Ironmongers' Company. A lease from the City of London of some adjoining land formed altogether approx. 4 acres, on which a building was erected for 80 persons. On 24th July 1718, George I granted a Royal Charter of Incorporation to the Governor and Directors of the Hospital, under which Henri de Massue, Marquis de Ruvigny and 1st Earl of Galway was appointed the first Governor. Shortly after, in November 1718, the building was formally opened and the chapel consecrated. The building was erected facing the lane leading from Old Street to Islington, later named Bath Street, City Road, and was originally surrounded by orchards and market gardens. The contractor was Peter Legrant, and the total cost of the building £2,750.

From then the funds of the institution,

steadily increased through legacies and donations. Lord Galway bequeathed £1,000 in 1720 and in the following year Baron Hervart de Huningue gave a further £4,000. Additional buildings were erected to house, by 1760, 234 poor people. For most of the eighteenth century it housed approx. 225 residents. Until 1783 the Hospital also cared for the mentally ill.

In 1862 the Directors bought,

a new three acre site costing £3,600, north of Victoria Park Hackney, in London. A new building in Victorian Gothic style was constructed for 40 men and 20 women, designed by Robert Lewis Roumieu FRIBA, Architect, one of the Directors and also of Huguenot descent. The building with its own chapel and library was opened in June 1865. The building now houses a Catholic school. "La Providence" continues today. Due to war damage and the threat of a compulsory purchase order, the Hospital moved to Compton's Lea near Horsham Sussex and then transferred to Theobald Square, Rochester in Kent. This fourth building comprising 39 flats was opened on 21st June 1960, but still requires those admitted to prove their French Protestant ancestry.

From a meeting of a group,

of its directors on 15th August 1885 sprang the Huguenot Society of London. Over 23 volumes of annual proceedings and 56 larger Quarto publications (including copies of the French Church registers) have been published by the Society since its inception. Volumes 52 and 53 list inmates of and applications to the French Hospital (1718-1957), and is a useful source on refugees and their descendants on the borderline of destitution. Copies of these exist in the London Guildhall Library and copies relating to early Sigournays are available in French.

Sigournais 15th c. Chateaux of Sigournais nr. St. Jean d'Angély

Apparently most of the protestant records,

in St. Jean d’Angély have been destroyed however we have found there records of two baptisms and a document relating to the renouncing of his protestant faith by a Pierre Sigournay. It is dated 1698 and his age stated as 27. The baptisms relate to André Sigournay (recorded ‘ay) son of André (cordwainer , ie. shoemaker) and Charlotte Paysan dated 22nd September 1673 & Elizabeth Sigournay, daughter of Pierre (shoemaker) and Marie Paysan, dated 26th July 1673. The baptism for Bertelemy Sigournay, son of André Sigournay & Charlotte Paisan, dated 16th April 1682 is recorded in the Threadneedle Street, French Huguenot Church records, in London.

The fortified town of St. Jean d’Angély,

fell to royal forces on 23rd June 1621 after a month long seige and was completely raised to the ground. This was the principal fortress guarding the land side of La Rochelle. After the fall of this protestant stronghold, it was made the base for fighting further resistance to the crown. There had been an earlier, unsuccessful seige in late 1569 after the destruction of the Abbey by the Huguenots in 1562.

Certificate 1673 baptism certificate for Elizabeth Sigournay

Known Sigournay’s born in St. Jean d'Angély,

are therefore:-

André* Sigournay - born 1638 - (migrated to London between 1673-1681 and to America in 1686)
Pierre* Sigournay (son of Pierre) - born 1643 - (migrated to America)
Alexandre Sigournay (nephew of André*) - born 1665 - (migrated to London 1681)
André Sigournay (son of André*) - born 1673
Susan Sigournay (son of André*) - born before 1681
Jean Sigournay - born approx. 1670 - (migrated to London before 1705)
Esaye* Sigournay - born 1671 - (migrated to London between 1707-1713)
Jacques Sigournay - born 1671 - (married Judith Challot)
Anne Sigournay - born 1672 - (migrated to London unmarried before 1705)
Elizabeth Sigournay (daughter of Pierre*) - born 1673
Elizabeth Sigournay (daughter of Esaye*) - born 1706

This page revised 27th October 2003

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Par syl lumeau
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Mardi 1 février 2005

The Sigourneys are of French Huguenot descent,

and at the close of the seveteenth century ships were sailing almost every month from London to Boston, transporting families that were destined to occupy important positions in the Commonwealth. Among the earliest surnames can be found Sigournay, who arrived in Boston before the year 1688; just after the Revocation of the Edict of Nantes in 1685. The representative of the first family was André Sigournay (now spelled Sigourney), who was a distiller in La Rochelle or Rochfort when the Edict was revoked. When a squad of dragoons were quartered in his house he and his wife, Charlotte Paisan, were determined to escape from France with their four children. They proceeded secretly to remove part of their property on board a boat then in the harbour. It happened to be a holiday and they prepared a tempting dinner for the soldiers billeted upon them. While their compulsory guests were celebrating, the whole Sigournay family without partaking of the meal, stole away, boarded the vessel, and sailed to England. It is said that each child wore two suits of clothes. Their youngest boy, Barthelemy, was born in London and baptized in 1682 at the First Church in Threadneedle Street.

The Sigournay family bore the name of a locality in Poitou and here the family undoubtedly originated. There is a hamlet called Sigournais in the Department of Vendee, near Chantonnay, and near here is Sigournais chateau, illustrated on an earlier page. Joseph Dudley took an interest in these fugitives while in England and assisted the family of seven in coming to Boston, (André and his wife, with children Susanna, Peter, Charlotte, Andrew and Barthelemy) when they arrived in the autumn of 1686. André's eldest son, Andrew, married Mary Germaine, and his eldest daughter Suzanne married John Johnson, who was killed by the indians at Oxford in 1696. She later married for a second husband her cousin Daniel Johonot of Boston. The Sigourney family occupied an important position in the Oxford Colony until it disbanded, whereupon they returned to Boston. Sigourney and some friends, with Jacques Laborie of Guyenne, France, as their pastor endeavored to re-settle Oxford in 1699, but this attempt also ended in failure.

André died in Boston in 1727 and is buried in the Granary Burial Ground. His son Andrew became a distiller in Boston, was one of the proprietors of the French Church and executed the deed, with others, conveying the property in 1748. Captain Andrew Sigourney, who was born in 1752 in Boston, was married to Elizabeth Wolcott. His customary method of travelling, even for long distances, was a one-horse chaise. A later Andrew settled in Oxford as late as 1784, and his son became an important business man in Boston, acting at one time as Treasurer of the Ancient and Honorable Artillery Company. Several of the family now live in Worcester. Another important member of this family, Charles by name, became an important citizen of Hartford. The last Andrew was born in 1851. The Sigourneys are a distinguished family in Massachusetts today and are related to the families of Brimmer, Butler, Dexter, Gordon, Kidder, Sohier, Oliver, Wadsworth, and Bond.

Lydia Huntley Sigourney,

had a life of interesting contrasts and startling contradictions. She was one of America's most popular authors in the 19th century. She married to ensure financial security for herself and her parents. After her marriage, it was the income from her writing that provided the bulk of the farnily's support. She wrote annual gift books and collections of inspirational prose and poetry at the rate of one every eight months for almost 50 years. Today her work is almost unknown, however in the mid-19th century she was more prestigious than Edgar Allen Poe.

Lydia Sigourney was born in 1791 in Norwich, Connecticut, the only child of Zerviah and Ezekial Huntley. She grew up in privileged surroundings. At 28 she married Charles Sigourney, a wealthy widower with three children. Publishers at this time were "hungery" for novels and shorter pieces that were commercially marketable to the vast numbers of women at home. Poetry was popular, particularly when it would appeal to women. Lydia Sigourney was so successful that she became a household name. She died on June 10, 1865, twenty one years after being selected by an Iowa doctor as the name of a small community located in the centre of Keokuk County, Iowa, USA.


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Mardi 1 février 2005

La guerre de Vendée a été la plaie suppurante de la Révolution française. La révolte éclata en mars 1793, lorsque les Vendéens connurent le décret de la Convention ordonnant la levée de 300 000 hommes, mais en réalité le feu couvrait depuis bien des mois. Catholiques intransigeants, les paysans de l'ouest n'avaient jamais admis la Constitution civile du clergé ; ils faisaient la chasse aux intrus. La mort du roi leur apparut comme un crime inexpiable. La " levée " ordonnée à Paris mit le feu aux poudres. Le tocsin sonna, les hommes s'armèrent. Une guerre civil, sauvage et atroce, était engagée

Les Chef des Vendéens

 

Charrette……..….d'Elbée……...Cathineau

 

Les Vendéens pliaient ainsi les assignats de façon qu'on pût y lire : << la mort de la Répubique >>

Outre une plaisanterie, c'était entre eux un signe de reconnaissance.

sources : http://les.guillotines.free.fr/

Par syl lumeau
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