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LEGENDES

Mercredi 2 février 2005

 Un titre un peu inquiétant pour ce dossier qui ne l'est pas moins. Il s'agit d'une affaire assez complexe car il est très probable qu' au moins deux histoires s'y mélangent. En 1977 sortit aux Éditions Tchou le livre de Pierre Viéroudy "Ces ovnis qui annoncent le surhomme" et qui présentait quelques cas de "changement de réalité" dont l'un avait été vécu par un couple de vendéens au cours d'un voyage en Sologne.

Cette affaire se déroule en deux volets:

Premier Volet

  En 1977, nous avons enregistré à Paris une émission intitulée "Histoires Extraordinaires" conduite par le regretté Lucien Barnier, chroniqueur scientifique à l'époque de France-Inter, que nous vous transcrivons intégralement en espérant que les protagonistes de cette affaire ou quelqu'un de leurs amis tombent sur ce site (et c'est là le rôle principal de l'Internet,) pour nous en donner d'autres détails. C'était pendant l' hiver de 1967 au mois de Janvier que Mme Nathalie Nelson et son mari de Ste Cécile en Vendée qui habitaient alors une veille ferme au cœur de la forêt, ont décidé un dimanche d'aller faire un grand tour en voiture dans les environs. Madame Nelson raconte :

  "Nous avons roulé une bonne dizaine de km sur une route parfaitement connue, quand, tout d'un coup la brume qui régnait autour de nous et aussi les arbres de la forêt qui bordaient la route, ont disparu pour faire place à un paysage d'été avec des pelouses, des boutons d'or et des marguerites. Nous avons roulé un peu dans ce magnifique paysage, et nous sommes arrivés à un village, que nous ne connaissions pas, un village avec des maisons très anciennes sans crépis, avec des colombages de bois et de toits de tuiles qui paraissaient neufs et où se dressait une église dont, chose frappante, le clocher n'était pas terminé. Il y avait une luminosité extraordinaire un ciel bleu, pas un souffle d'air, les arbres immobiles et aucune vie, aucun animal , ni personne. Un signe de mort dans un paysage magnifique. Nous avons alors arrêté la voiture et nous sommes descendus. Nous avons marché pendant dix bonnes minutes, un quart d'heure peut-être , on a regardé, les maisons, les arbres, l'herbe qui avait une couleur verte absolument éclatante.
   Puis brusquement nous avons eu la même crainte
   :
"
Et si notre voiture n'était plus là ?", car cette route où nous avions pénétré, nous était totalement inconnue.
   On a rebroussé chemin et on a trouvé la voiture où nous l'avions abandonnée. Puis nous sommes repartis en voiture en se disant que nous allions re-pénétrer dans ce village pour refaire
le même périple et retraverser les mêmes petites rues. Mais en redémarrant la voiture, tout le froid paysage s'installa à nouveau, nous n' avons plus rencontré le petit village et seule la route givrée se déroulait de nouveau devant nous."

  Une précision nous est donnée par le rédacteur de l'émission: Mme Nelson a essayé de retrouver en vain, à plusieurs reprises ce mystérieux village et elle n'a pu trouver en fouillant les archives locales qu'un seul indice: Il existait bien à cet endroit une bourgade abandonnée mais vers les années 1500, bourgade qui a disparu sans qu'on sache exactement pourquoi ?

   Lucien Barnier, à qui le rédacteur demande si un tel témoignage ne relève pas de l'hallucination pure et simple, se déclare convaincu de la bonne foi du témoignage de Mme Nelson et s'avoue incapable d'en trouver une explication. Mais, il fait remarquer que ce thème est assez fréquent dans la littérature et en particulier dans la littérature anglaise :

  C'est l'histoire d'un médecin qui est parti à cheval visiter un malade dans un village qu'il connaissait bien et au bout de la route également brumeuse, il déboucha sur le village, mais la maison du malade lui était inconnue, et les gens parlaient une langue étrange. C'est donc, nous le voyons, une histoire assez semblable à celle qui précède et à une autre que nous dévoilerons ultérieurement dans le 2ème volet.

   Le rédacteur passe alors la parole à Mme CHEST biologiste, de son état, participant à l'émission et qui nous dit :   J'ai d'abord pensé au début de l'histoire à un système de micro-climat qui se manifeste quelques fois dans une petite zone et qui peut faire passer cette zone sans transition de l'hiver au printemps. Mais dès qu'elle parle du 'village' cela ne marche plus.
  Si l'on élimine l'hypothèse de l'hallucination, qui semble peu vraisemblable, puisqu'elle n'était pas seule et que son mari a vécu la même aventure qu'elle, je n'ai donc pas d'explication si ce n'est l'analogie que je pourrai faire avec
le phénomène des trous noirs qui en astronomie sont des sortes vortex, des spirales tournant sur elles-mêmes où l'on constate que les relations spatiales sont extrêmement condensées et où le temps se contracte et où la matière des étoiles s'engouffre irrémédiablement. Le problème est d'en sortir. L'histoire de cette dame pose le problème de la réversibilité du temps et en tout cas d'un retour en arrière à une vitesse phénoménale peut-être même dépassant la vitesse de la lumière et c'est ce qui me fait penser à ce trou noir. En tout cas ce qui est remarquable, à mon avis, c'est qu'ils s'en sont sortis.

  Autrement dit Mr et Mme Nelson ont eu beaucoup de chance de quitter ce village, car s'ils avaient cueilli ne serait-ce qu'une marguerite, que ce serait-il passé ? Pourraient-il l'emporter dans leur voiture ? Cette fleur n'induirait-elle pas une vibration qui par résonance, les plongerait dans ce monde parallèle moyenâgeux et les ferait disparaître à jamais du notre et laissant sur le bord de la route leur seul témoin véritable, mais hélas bien muet : leur voiture ?


S'il vous arrive un jour, où vous vous promenez dans la campagne, une aventure semblable, réfléchissez avant de cueillir une fleur, même si sa beauté, vous y invite fortement.

Deuxième Volet

  C'était le 10 Août 1901, deux respectables dames anglaises, Miss Charlotte Anne Elisabeth MOBERLY, Principale du collège St Hugh's Hall à Oxford et Miss Eleanor France JOURDAIN Voyez donc l'image  ci-dessous:

Régisseur d'une petite école très renommée près de Londres se promenaient à Versailles dans les Jardins avoisinant le Petit Trianon qu'elles voulaient aller visiter. Il était environ 4 heures de l'après-midi. Elles avaient déjà parcouru longuement le château et se sentaient gagnées par la fatigue quand elles abordèrent les allées menant aux somptueuses « dépendances ».

  Elles aperçurent alors, à un moment donné, deux gardiens ou jardiniers à l'air sombre et préoccupé, vêtus d'une livrée verte et coiffés d'un tricorne.
"   -
Il doit y avoir une fête costumée, une rétrospective des siècles de la monarchie, souffla Miss Moberly à sa compagne."
  Mais elles n'avaient
pas le cœur à la joie. Au fur et à mesure qu'elles avançaient, une tristesse infinie les pénétrait; une tristesse dont elles ne parvenaient pas à déceler l'origine. Elles se risquèrent à demander aux deux personnes en habits verts, de leur indiquer le chemin du Petit Trianon.

  - "Droit devant vous ! lança l'un d'eux d'un air bougon."

  Elles parvinrent à un kiosque rond d'inspiration chinoise et furent bien surprises, encore, d'y découvrir, confortablement assis, un homme vêtu d'un manteau ample, coiffé d'un chapeau à larges bords. Il se leva à leur approche et les dévisagea longuement. Il était laid à faire peur et l'expression de son regard était odieuse. Comme il s'apprêtait à ouvrir la bouche, elles furent saisies de panique, empoignèrent leurs jupes à pleines mains et détallérent à toutes jambes. Mais une voix, tout près d'elles, les arrêta:

   - Ce n'est pas par là Mesdames, mais par ici .
  Elles étaient, cette fois, en présence d'un parfait gentleman. Mais un gentleman vêtu à la mode du
XVIIIe siècle. Il ajouta, en s'inclinant le plus civilement du monde.

  - "Vous n'allez pas tarder à trouver la maison."

   Le ton rassurant ne parvenait pas à apaiser leurs angoisses. Elles avaient de surcroît, la sensation oppressante d'évoluer dans un décor qui n'avait rien de réel. Elles partirent, pourtant, dans la direction conseillée. Elles franchirent un pont suspendu, qui enjambait un petit ravin, aperçurent une petite cascade et un rocher couvert de mousse, et elles pénétrèrent dans un jardin en pente en haut duquel se dressait un "Petit Château Carré" (Le Petit Trianon ), Voyez donc l'image  ci-dessous:

   Dans ce jardin, précise l'une d'elles, une dame blonde, vêtue d'une robe d'été à l'ancienne au corsage largement échancrée, était assise et dessinait. La dame n'était plus très jeune. Mais que de beauté, encore dans ses traits, que de prestance, de grâce et de distinction dans son maintien !
  Sa tête couverte d'un large chapeau blanc d'où s'échappaient en vagues soyeuses les boucles blondes de sa riche chevelure ; Il va de soit que leurs regards furent attirés par cette inconnue, altière et attendrissante tout à la fois qui fixait avec attention à bout de bras l'objet sur lequel de toute évidence, elle exécutait le croquis d'un bouquet d'arbres devant lequel elle restait plantée, comme en extase. Les deux Anglaises
eurent tout le temps de la détailler. Puis elles la virent lever les yeux dans leur direction. Voyez donc l'image  ci-dessous:

   Tout en elle exprimait une extrême mélancolie. Elle n'eut ni un sourire, ni un signe de tête pour ses visiteuses inopinées.
  Celles-ci poursuivirent leur route. Elles tombèrent, ensuite , sur un
palefrenier qui sortait d'une remise en faisant claquer la porte. Puis sur une femme qui criait "Marion, Marion" et tendait à une fillette qui accourue une tasse probablement de lait. Elles virent encore une charrue couverte de lierre; puis elles perçurent une musique de violons échappée, sans doute venant, des salons même du Trianon.

   Elles marchèrent quelque temps encore, et leur angoisse imprécise les abandonna d'un coup. Elles retrouvèrent tout leur bel entrain. La fatigue même était tombée; elles se moquèrent un peu de leurs frayeurs et échangèrent quelques plaisanteries. D'autres personnes les dépassaient ou les croisaient ; mais des c'étaient des personnages plus "rassurants" , cette fois, de leur époque. Miss Moberly et Miss Jourdain regagnèrent leur pays, mais au cours de visites ultérieures à Versailles elles constatèrent que les sentiers qu'elles avaient parcourus en Août 1901, n'existaient pas, des bâtiments qu'elles avaient vus intacts et apparemment habités telle la remise où étaient la femme et la petite fille avaient disparu. Plus de gardiens ou jardiniers portant livrées vertes et tricornes, plus de kiosque, ni de pont sur un minuscule ravin, ni de cascade en miniature. Et elles constatèrent même avec stupéfaction que la façade du Petit Trianon vue le 10 Août était modifiée. Quant à la porte de la remise que le jeune homme avait claquée si bruyamment, elle était fermée par des verrous rouillés et couverte de toiles de d'araignée. .

  Pourtant elles avaient bien conversé semble-t-il avec des personnages. Mais ceux-ci s'adressaient-ils vraiment à elles ?

   Miss Moberly et Miss Jourdain étaient de celles qui s'évertuent à revivre, au cours des soirées d'hiver les merveilles de leurs itinéraires de vacances. Elles lurent quantité d'ouvrages sur Versailles. Et leur cœur faillit s'arrêter quand elles tombèrent au détour d'une page sur un portrait de Marie-Antoinette. C'était la belle étrangère du perron et des arbres du Trianon. Elles fouillèrent fébrilement les bibliothèques, les cabinets de lecture et les archives, épluchèrent les récits et mémoires de tous les contemporains de Louis XVI, découvrirent d'autres estampes, images, et portraits... Au terme de leur chasse fiévreuse, le doute n'était plus permis :elles avaient bel et bien passé une demi-heure environ de leur vie dans un siècle révolu, elles avaient croisé la route et le regard de la souveraine guillotinée depuis plus d'un siècle.

  Elles apprirent aussi que l'homme laid qui les avait effrayées était le Comte de Vaudreuil, une victime de la petite vérole. Elles trouvèrent, même des lettres où il était question de la petite Marion et de la vieille charrue abandonnée contre un arbre et Miss Jourdain fut même capable de reproduire quelques notes de musique de l'air de violon entendu. Dix ans après leur promenade à Versailles, elles décidèrent de publier en 1911 sous deux pseudonymes cachant leur vraie identité, un livre intitulé "An adventure" .

  Des journaux aussi sérieux que Le Daily Telegraphe et le Times en reproduire d'abondants extraits si bien que de nombreux chercheurs et érudits se mirent en campagne. On peut d'ailleurs affirmer que, depuis cette époque maintenant lointaine, les spécialistes des disciplines les plus diverses n'ont jamais cessé de s'interroger sur la "vision" des deux anglaises: S'agit-il d'un "voyage dans le temps" ? Nos deux héroïnes ont-elles vu des fantômes? Peut-être. Ont-elles eu une authentique apparition de personnages qui ont réellement existé ? Qui le sait? Qui le saura jamais?

  Mais il faudrait longtemps s'interroger sur les éléments qui ont permis la manifestation fortuite d'un phénomène aussi rarissime.

  On s'est évidemment intéressé tout spécialement à la date du 10 août, à laquelle les Anglaises avaient fait leur inoubliable promenade.

   Or, le 10 août 1792, Marie-Antoinette était enfermée à la Conciergerie. Et ce 10 août 1792, elle n'était pas seule dans sa prison. Nombre des témoins de l'agonie qu'elle vivait alors, ont raconté qu'elle ne cessait, à ce moment là, de penser aux moments heureux passés au Petit Trianon et de les évoquer. Alors a-t-elle projeté , ce jour là, ses rêveries dans le temps pour qu'elles soient captées par nos deux promeneuses anglaises, 108 ans après avoir été guillotinée ?

  En tout cas, tous les historiens qui, en 1911 et plus tard, se sont penchés sur les textes laissés par les écrivains de l'époque révolutionnaire, sont d'accord pour dire que les deux promeneuses ont fourni, avec une exactitude inattaquable des descriptions de faits, d'êtres et de choses dont elles n'avaient eu aucune connaissance préalable en particulier au château de Versailles de 1770, soit 131 ans au préalable.

   Ont-elles été les seules à assister à ce phénomène? Apparemment non, puisque parait-il, deux autres anglais, les Cooke qui habitèrent la région de Versailles de 1907 à 1909, confirmèrent avoir vu eux aussi la mystérieuse dame entrain de dessiner ainsi qu'un personnage en costume de XVIIIe siècle. En 1928 deux autres anglaises d'excellentes réputations ont rapporté également un récit du même genre, lors d'une de leur promenade à Versailles. Sans doute des visiteurs français ont pu aussi voir certaines choses, mais à qui iraient-ils le raconter s'ils ignoraient qu'une telle aventure avait déjà été vécue ?

SOURCES :http://perso.wanadoo.fr/fidylle/docs/unipara.html

d autres mysteres sur : http://journaldumerveilleux.perso.cegetel.net/

Par syl lumeau
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Mercredi 2 février 2005

La Légende de Persine et Mélusine
Tradition Vendéenne
 
"Si vous essayez de voir une fée
En plein jour
En pleine lumière
En plein midi...
Ça marchera pas !
Les fées
On les surprend parfois à l’aube
Entre deux lumières
Emergeant de la brume
Ou sous la lune pleine"
(Yannick Jaulin - Mélusine)
 
Elinas, roi d’Ecosse, a semé ses suivants au cours d’une partie de chasse. Il est maintenant seul, sur son cheval, au beau milieu de la forêt, gouttant à une tranquillité qui lui est assez peu familière. Il finit par déboucher dans une grande clairière au milieu de laquelle se trouve une fontaine. La fée Persine, reine des fées d’Ecosse, s’y baigne. Elle n’entend pas le roi s’approcher, sans doute trompée par les éclats de la chasse qui se perdent dans le lointain. Elle est d’abord surprise, puis elle reconnait le roi qui reste interdit, bras ballants, devant une telle apparition...
Le roi, en un clin d’œil, des sommets du pouvoir, des cimes de la richesse, tout roi qu’il est, le roi Elinas d’Ecosse tombe... en amour.
La fée est sortie de la fontaine et se tient devant lui, magnifique et élancée, entièrement nue... Et le cœur d’Elinas bat la chamade, galope même !
Le cœur du roi se rend à cette femme qui semble si fragile
A cette reine de l’autre monde...
- Je m’appelle Persine, lui dit la fée. Je suis reine de mon peuple et nos deux destins sont désormais intimement entremélés. Je sais lire les signes et déchiffrer les coeurs, sans jamais me tromper... Et c’est là mon pouvoir ! Nous allons nous marier, ô roi... Mais avant tu dois me promettre, que jamais tu ne chercheras à me voir du temps de mes couches.
Ainsi parle la fée, et le roi fait le serment attendu.
 
Les épousailles sont bientôt célébrées et le bonheur régne sur le pays. De leur union naissent trois filles : Mélusine, Mélior et Palestine. Il sont heureux...
Un temps...
 
Mais le bonheur, ça ne peut que se flétrir. Comme une fleur.
 
Mataquas, le fils maudit, premier né du roi, d’un premier mariage. Mataquas le jaloux, le fourbe... Mataquas pue-la-haine !
- Pourquoi donc, mon noble père, mon puissant roi, pourquoi cet interdit ? Il y a là-dessous, à n’en point douter, quelque mystère qu’on cherche à vous cacher, quelque trahison sur laquelle on ne voudrait pas que vous portiez les yeux, de peur de votre juste courroux. Ne point la voir du temps de ses couches... Vous êtes en votre royaume ! C’est vous qui commandez !
Le roi est noble et fier, alors au tout début, il refuse d’écouter les paroles de son fils. Manquer à sa promesse, il n’en est pas question une seule seconde...
Mais deux secondes, déjà, c’est bien plus long...
Et les jours
Les mois
Et le venin qui coule intarissable...
Le venin
Qui coule
Intarissable
Le roi est noble et fier, alors il finit par douter. Les démons le tourmentent et lui, seul, il résiste. Mais des démons, on en a toujours à ne plus savoir qu’en faire...
Elinas, roi d’Ecosse, car il est noble et fier, entre dans la chambre où Persine baigne ses trois petites.
Persine pousse un hurlement, et au dessus du bruit des larmes de ses filles, désespérée elle lance à Elinas :
- Tu m’as trahie et nos cœurs se déchirent ! Désormais, et par ta faute, je suis perdue pour toi !
Sans un adieu, ni un dernier regard, elle s’envole en fumée avec ses enfants enveloppés dans une serviette rouge. La baignoire est vide, l’eau s’est évaporée, et l’on raconte qu’Elinas effondré l’a remplie de ses larmes.
 
Persine s’en est allée dans l’île enchantée d’Avallon. Elle y élève ses filles pendant quinze ans. Et chaque matin, un peu avant le jour, elle conduit Mélusine, Mélior et Palestine au sommet de la montagne Fleurie d’Eléonos. De là, elles contemplent le lever du soleil sur les rivages d’Ecosse que l’on devine au loin.
- Voyez, mes filles, c’est là que nous aurions dû vivre, heureuses, si votre père n’avait pas manqué à sa parole. La joie aurait été notre quotidien alors que désormais nous sommes condamnées à cette misérable condition...
L’amertume, la nostalgie hantent le cœur de Persine qui ressasse sans arrêt le récit de sa tragique épopée.
Un jour, l’aînée, Mélusine, réunit ses deux sœurs en secret pour les entretenir d’un plan :
- Pendant ce temps qui est passé, j’ai bien réfléchi... Tout est la faute d’Elinas, notre père. Nous sommes maintenant versées dans les sciences magiques... Il serait juste qu’il paie encore plus durement le tourment dans lequel il nous a plongé.
Il serait juste
Qu’il paie
Encore plus durement
Le tourment dans lequel il nous a plongé !
 
Les sœurs acquiescent ; le roi d’Ecosse se retrouve enfermé dans la montagne de Northumberland, que l’on appelle encore Brumblerio. A tout jamais...
Enfermé !
Il serait juste
Qu’il paie
Encore plus durement
Le tourment dans lequel il nous a plongé !
 
Les enfants sont cruels...
 
- Misérable filles ! leur dit leur mère quand elle apprend la nouvelle. Qui êtes-vous pour oser juger le destin ? Qui croyez-vous être pour vous substituer à son bras vengeur ? Qui pensiez-vous ainsi châtier ? Vous n’avez plus votre place sur l’île enchantée d’Avallon et nous devons ce jour nous séparer pour ne plus nous revoir.
Elle s’adresse alors plus particulièrement à Mélusine :
- Quant à toi, qui est la plus savante, toi par qui tout est arrivé, écoute maintenant quel est ton châtiment. Tu seras désormais, chaque samedi, Serpente du nombril jusqu’aux pieds. Si jamais tu viens à te marier, ton mari ne devra jamais te voir sous cet aspect ni connaître ton lourd secret. A cette condition tu vivras et mourras comme une femme, sinon tu connaîtras la solitude et les tourments sans fin ! Mais quoiqu’il en soit tu seras la source d’une noble et courageuse descendance qui commettra de hauts faits.
Adieu, ma première fille, et ne reviens jamais...
Les trois sœurs se sont séparées ; Persine, quant à elle, est restée en Avallon, toute seule avec ses souvenirs et son chagrin.
Mélior deviendra reine des étoiles filantes et Palestine princesse des cygnes blancs. Mais ce sont là d’autres histoires...
La jeune Mélusine va par les chemins, elle arrive en terre de France et erre dans les forêts du Poitou. Au fil du temps, son cœur s’apaise et une belle nuit, elle lit dans les étoiles qu’elle est désormais capable d’aimer. Alors, comme le soleil se lève, du plus profond d’elle jaillit un rire pur et cristallin...
Et le temps passe encore et une belle nuit, elle lit dans les étoiles que désormais elle pourra elle aussi être aimée. Elle se rend alors à la fontaine de Sé, au milieu de la forêt de Colombiers. Là, elle quitte sa robe et entre dans l’eau claire pour s’y baigner au clair de la lune.
 
Cette même nuit, le jeune Raymondin galope dans la forêt . Droit devant lui, il ne fait rien pour éviter les branchages qui viennent lui déchirer le visage. Il a mal, la douleur le déchire car la fatalité a fait de lui un meurtrier. En effet, lors d’un terrible accident de chasse il a ôté la vie à son oncle Aimeri, le comte du Poitou.
Il galope pour oublier.
Si seulement il pouvait oublier !
Il galope sur sa monture hors d’haleine qui l’accompagne au bout de la folie...
La chevauchée maudite débouche dans une clairière où soudainement le cheval se met au pas. Raymondin pose pied à terre... et il s’approche de la fontaine, comme hypnotisé.
- Je t’attendais, lui dit la fée. Il n’y a pas de mots qui puissent te consoler, pas d’actes qui puissent revenir contre le temps passé. C’est le destin, nous devons y faire face car c’est le lot de toute créature qui pense et qui respire au monde.
 
Et Raymondin, en un clin d’œil, des profondeurs de la folie, des abîmes du désespoir, là où l’obscurité est si opaque que l’on s’y prend les pieds et que l’on tombe encore plus bas, et que l’on se relève pour tomber encore, et bien Raymondin est illuminé... par l’amour.
- Il faisait froid, dit-il. Mais cette étrange chaleur tout d’un coup... C’est vous ?
- Mais non, c’est toi !
- ...
- Je m’appelle Mélusine. Je vais t’accompagner et nous allons nous marier, Raymondin. Mais avant, tu dois promettre, tu dois me jurer que jamais que tu ne chercheras à me voir le samedi. A cette seule condition nous serons heureux.
Et Raymondin fait le serment attendu.
 
Mélusine lui conseille de retourner à la cour du nouveau comte du Poitou et de lui dire toute la vérité sur l’accident de chasse. Raymondin écoute son conseil, on lui pardonne, et il obtient même pour son mariage le fief de Lusignan.
Peut-être la fée a-t-elle tiré magiquement dans l’ombre les ficelles du destin en faveur de Raymondin... Qu’importe, les premières démonstrations au grand jour de ses pouvoirs sont spectaculaires : la nuit précédent les noces, elle bâtit une chapelle où a lieu la cérémonie et la forteresse de Lusignan dans laquelle le jeune couple s’installe.
Le bonheur est là, le pays est prospère.
Chaque nuit, Mélusine fait construire des châteaux, des abbayes et des chapelles, au petit peuple de la terre. Gnomes, lutins, farfadets, korrigans, à son service, de quelques pierres et d’un peu d’eau érigent les tours, clochers, dressent vers le ciel édifices et villes entières avant que le soleil ne reprenne sa course. Vouvant, Mervent, les forteresses de Tiffauge, Talmont et Partenay, la tour de Saint-Maixent, les tours de garde de La Rochelle et de Niort, l’église de Saint-Paul-en-Gâtine, et bien d’autres... Toutes ont eut le même architecte : Mélusine. Et si un curieux surprend la bâtisseuse au travail, elle s’arrête et laisse le chantier en l’état. C’est pour cette raison qu’il manque une fenêtre à Merrigoute ou la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay.
Personne ne s’étonne ! Comme si c’était normal...
Parfois aussi on entend son rire enfantin qui soulage les peines les plus lourdes à porter.
 
L’amour qu’elle partage avec Raymondin est sans faille, limpide comme l’eau de la fontaine de Sé. Elle lui donne dix fils !
Dix enfants bien étranges... Bizarres comme on dit...
Antoine porte à sa joue une griffe de lion, Guion a un œil plus haut que l’autre, Geoffroy avec sa dent de plus d’un pouce, Urian avec un œil rouge et l’autre pers, Oron aux oreilles phosphorescentes semblables à celles d’un chien, Froimond gros nez, Thierry l’homme-singe, Raymond qui est transparent, Armand haut-comme-trois-pommes, et Renon le plus grand mais dont la langue traîne par terre.
La famille est riche, alors on ne pose pas trop de questions...
Mais tout de même
A bien y regarder
Quand on réfléchit un peu
Ça saute aux yeux !
C’est pas normal !
Pas normal...
 
Combien de Mataquas pourrissent le monde ? Combien de vipères...
Raymondin a un frère, le conte Forez.
 
- Ecoute-moi, mon frère, c’est le soucis de ton honneur et de ton renom qui a guidé mes pas. Ton bonheur seul m’importe et tu sais bien que je sacrifierais tout ce qui m’appartient pour toi. Ecoute-moi, mon frère, on jase en ville. Tes enfants, ta femme qui se cache une fois par semaine... M’est avis qu’elle pratique le coït, l’accorte bougresse, avec le démon !
 
Raymondin est noble et fier, alors au tout début, il refuse d’écouter les paroles de son frère. Manquer à sa promesse, trahir la confiance, il n’en est pas question une seule seconde...
Mais deux secondes...
Le venin, distillé, purifié, corrosif, coule...
 
On jase en ville...
Tes enfants...
Ta femme...
L’accorte bougresse...
M’est avis qu’elle pratique le coït !
 
Raymondin est noble et fier, alors il finit par douter. Sa confiance s’effrite. Un samedi, rongé jusqu’en son cœur crépitant, il se rend devant la porte interdite. Avec la pointe de son épée, il en perce le bois et il peut bientôt voir tout ce qui se trouve de l’autre coté.
Dans une immense cuve de marbre blanc, sa femme se baigne. Elle peigne ses longs cheveux, nue de la tête jusqu’au nombril. Dans l’eau trempe une gigantesque queue de serpent qui claque de temps à autres et projette des éclaboussures jusqu'à la voûte de la chambre.
- Trahison ! hurle Mélusine. Nous sommes, mon amour, tous deux damnés ! Toi parce que tu me perds à tout jamais et moi car je retourne au monde des esprits errants et sans abris !
Et elle disparaît par la fenêtre, comme une tornade, en poussant une longue plainte.
 
On prétend qu’elle n’abandonna pas ses enfants pour autant, et qu’elle revint régulièrement la nuit s’occuper d’eux, jusqu'à ce qu’ils fussent en âge de se passer d’elle. Ils grandirent, et selon la prophétie de Persine, donnèrent naissance à d’illustres lignées.
Trois mois avant la mort de Raymondin, qui s’était fait ermite à Montserrat, Mélusine apparut à chacun d’eux ; vision d’une femme tourmentée et gémissante, tournoyant seule en peine dans le ciel. De nos jours, on l’aperçoit encore lorsqu’une forteresse de la famille est vendue, ou bien encore lorsqu’un des héritiers de ses fils est proche du trépas.
Âme damnée, âme perdue, âme en peine...
Mélusine, la fée rieuse, la fée bâtisseuse.
Mélusine la fée amoureuse.
 
Plus je dirai et plus je mentirai.
Le récit de la fête est déjà la moitié de la fête
Un mot dit à l’oreille est parfois entendu de loin
On gagne toujours à taire ce qu’on n’est pas obligé de dire
Méfiez-vous des histoires...

J AI DECOUVERT CETTE LEGENDE SUR:http://www.lisa.univ-paris12.fr/GPCOS/Hc/H422.htm

Par syl lumeau
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Mercredi 2 février 2005

Il y a bien longtemps, en 1793, la France était déchirée par de multiples guerres civiles dont la plus sanglante fut la guerre de Vendée qui opposa Les Républicains (l'armée française) à l'armée vendéenne. La dernière grande bataille de cette guerre se déroula à Savenay et fut perdue par les Vendéens le 23 Décembre 1793 ; beaucoup d'entre eux y furent tués.
 
 
 

Piron De La Varenne, un chef vendéen, tout comme Caoudal et De Charette, fuyait les Républicains avec son ami De La Rochejacquelein. Ils arrivèrent à Lavau, commune située à 10 km de Savenay en bordure de Loire, épuisés, mal rasés, les vêtements déchirés ; on ne les reconnaissait qu'aux couleurs rouges et blanches de leurs foulards et  leurs insignes vendéens sur lesquels on lisait "DIEU LE ROI". Nos deux héros voulaient traverser La Loire pour rejoindre leurs familles en Vendée. Les colonnes infernales de l'armée républicaine poursuivaient nos deux chevaliers. Elles saccageaient, brûlaient, pillaient tout sur leur passage.

    Nos deux Vendéens erraient dans Lavau quand soudain, des boulets de canon tirés par les Républicains situés sur la butte de Savenay, s'écrasèrent sur l'église (de nos jours les boulets sont toujours visibles). Nos chevaliers s'aperçurent qu'ils étaient cernés.

    Le cheval de De La Rochejacquelein fit tomber son cavalier et piétina méchamment le chef vendéen. L'animal appartenait à l'armée républicaine. Piron pleurait à chaudes larmes car son meilleur ami venait de périr sous ses yeux. Il fuit avec son cheval à l'intelligence humaine vers un petit lieu-dit de Lavau, près du bord de Loire, nommé Le Trou.

    Alors que Piron et son destrier s'approchaient, une colonne infernale cachée derrière un rocher épiait nos héros. Son cheval l'avait prévenu du danger qu'il courait car il possédait un pouvoir magique : la parole humaine. Piron tenta de s'enfuir mais l'armée ennemie le surprit et lui barra le passage. Le Vendéen reconnut les Républicains à leur uniforme bleu et à leur cocarde tricolore. Il prit peur en identifiant le chef républicain Carrier qui était très cruel car il avait noyé des milliers de Vendéens à Nantes en 1790.

    Les Républicains crurent que Piron allait se rendre mais ils furent surpris quand ce dernier s'élança courageusement aidé par son cheval qui se battait tel un homme. L'animal se mit sur les deux pattes arrières et donna des coups de sabots et de museau aux ennemis. En quelques minutes, tous furent tués. Le chef vendéen mit ses adversaires dans un sac plein de pierres et les noya. En regardant La Loire, il aperçut un faisceau lumineux qui provenait du fond de l'eau. Petit à petit, grâce au sang bleu des Républicains, l'eau s'éclaircissait, devenait azur, puis limpide, alors que le faisceau s'élargissait. C'était une porte secrète en granit bleu. Depuis ce jour selon la légende, le petit hameau se nomme "LE TROU BLEU". De plus, au début du XXème siècle, on exploita une carrière de granit dans ce trou.

    Il ouvrit la porte, entra dans le passage secret, et crut passer directement en Vendée, mais malheureusement le passage secret était peuplé de gros ragondins.

    Alors que Piron cherchait une issue pour aller au sud de La Loire, les ragondins l'attaquèrent ; notre chevalier eut peur et rebroussa chemin. En s'enfuyant il trébucha, s'arrêta et regarda ce sur quoi il avait marché. C'était un magnifique anneau en granit ; il le prit pour l'offrir à sa femme qui l'attendait en Vendée. Notre ami nettoya l'anneau et il vit sur celui-ci le reflet d'un visage qui lui souriait ; il comprit alors que la pierre de granit était magique. Ils sortirent tous les trois du souterrain.

    Piron contemplait l'anneau et dès qu'un rayon de soleil tapa sur ce dernier, une force incroyable se dégagea du granit et elle construisit un pont au dessus de La Loire. Le chevalier et sa monture traversèrent le pont, des Républicains les poursuivaient, ils étaient divisés en deux colonnes, l'une sur le pont, l'autre dans la barque qui naviguait sous le pont.

    Arrivé en Vendée, Piron s'aperçut que la colonne située sur le pont était au dessus de la barque, cela lui donna une idée... Il ordonna à l'anneau de faire disparaître le pont. Celui-ci s'effaça, les cavaliers tombèrent dans la barque qui coula sous son poids. La légende dit que l'abbé Guihard retrouva près du Trou Bleu une barque pleine de cadavres.

    De retour dans son village natal, Piron ne fut point reconnu par sa femme car il était très épuisé. Elle se souvint de son mari grâce à la rare intelligence de son cheval qui lui raconta toute leur histoire. Piron lui offrit l'anneau. Ils se cachèrent quelques temps, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

Ces légendes ont été écrites et illustrées par six écoles publiques du canton de Savenay sur le site : http://www.momes.net

d'autres légendes de ces ecoles ? cliquez ici :

 

 

Par syl lumeau
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Mercredi 2 février 2005

L'origine de Mélusine est royale. En effet, sa mère, la fée Présine, avait charmé son père Elinas, le roi d'Ecosse, non sans lui avoir fait promettre, avant leur mariage, de ne jamais chercher à la voir pendant qu'elle accoucherait. Elinas, oubliant sa promesse, enfreint l'interdit. Présine dut alors se réfugier avec ses trois filles, Mélusine, Mélior, et Palestine, dans l'Ile perdue (Ile d'Avalon).

Lorsqu'elles devinrent grandes, celles-ci, usant de leurs pouvoirs de fées, décidèrent d'enfermer leur père dans la montagne magique de Northumberland. Cela parut trop sévère à Présine qui jeta un sort sur ses filles.

Elle dit à Mélusine : " Tous les samedis tu seras serpente du nombril au bas du corps. Mais si tu trouves un homme qui veuille bien te prendre pour épouse et promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de la vie. Toutefois si ton mari vient à percer ton secret, tu seras condamnée à retourner au tourment jusqu'au jugement dernier".

Mélusine rencontre Raymondin dans la Forêt de Cé près de Lusignan. Ce dernier, revenant d'une chasse au sanglier aucours de laquelle il a tué par accident son oncle Aimeri, comte de Poitiers tombe amoureux de Mélusine et la demande en mariage.

Grâce à ses pouvoirs, Mélusine réussit à faire innocenter Raymondin. La fée, accepte de l'épouser et lui fait promettre de n'avoir aucun doute sur son origine et de ne jamais chercher à la voir le samedi. En échange, elle offre à Raymondin sa fortune ainsi qu'une nombreuse et longue descendance.

Durant la première année de leur mariage, Mélusine entreprit la construction de Vouvant, de Mervent et de la tour de Saint-Maixent: autant de places fortes qui contribuèrent à l'immense puissance de la famille Lusignan. Une seule nuit lui suffisaient pour édifier les plus imposantes forteresses (Tiffauge, Talmont, Partenay), des églises comme Saint-Paul-en-Gâtine, surgi au milieu des champs, les tours de la Garde à La Rochelle et celles de Niort, et même la ville de Lusignan.

Un samedi poussé par la jalousie de son frère, le comte de Forez, Raymondin transgressa la règle de fit avec la pointe de son épée un trou dans la solide porte en fer qui gardait le chambre de sa femme. Et voici ce qu'il vit:

"Mélusine se baignait dans une moult grande cuve de marbre, en signe de femme jusqu'au nombril, et se peignait les cheveux; et, du nombril en bas, en signe de queue d'une serpente, grosse comme une quaque à hareng, et moult longuement débattait sa queue en l'eau tellement qu'elle en faisait jaillir jusqu'à la voûte de sa chambre"

Mélusine trahie s'enfuit dans un cri par le fenêtre et plus jamais son mari ne la revit sous forme humaine. Toutefois, la légende nous enseigne que Mélusine revint pendant trois jours, à chaque fois que l'une des forteresses qu'elle avait construites changea de maître, et qu'elle apparut toutes les fois que l'un de ses descendants fut sur le point de mourir.


Histoire de Mélusine (Jean d'ArasLe chroniqueur Jean d'Arras rédige en1392 l'histoire de Mélusine pour Jean de Berry, récent acquéreur du château des Lusignan, qui désirait donner à sa famille des origines mythiques prestigieuses à l'image des héros grecs ou latins qui tous descendent d'un dieu ou d'une déesse. Par un jeu de mots, Jean d'Arras fait de Mélusine la mère Lusigne, la noble dame dont serait donc issu le lignage des Lusignan en Poitou. C'est là une manière adroite de flatter le seigneur qui le fait vivre : les trouvères du nord de la France comme les troubadours du Sud dépendent, en effet, étroitement des grands seigneurs dont ils célèbrent les exploits.

A l'origine, Mélusine était probablement la représentation de la déesse gauloise Lucine qui présidait aux accouchements. Comme d'autres légendes, elle a été reprise par la tradition chrétienne.


Les dix enfants de Mélusine
Mélusine
donna dix fils à Raymondin. Mais le comte, quoique très fier d'avoir tant d'enfants, n'était pas toujours très a l'aise en les regardant.

  • le premier, Urian - qui devint roi de Chypre - était "en tout point bien formé, sauf qu'il avait un visage court et tout en largeur, un œil rouge et l'autre pers [bleu et vert], et les plus grandes oreilles qu'on ait jamais vues à un enfant;
  • le deuxième, Eudes, avait une oreille incontestablement plus grande que l'autre";
  • le troisième, Guion, avait "un oeil plus haut que l'autre";
  • le quatrième Antoine, beau et bien fait comme ses frères, sauf qu'il portait "sur la joue une patte de lion, et avant qu'il ait huit ans, elle devint velue, avec des griffes tranchantes"
  • le cinquième, Renaud, n'avait qu'un œil, mais remarquablement perçant;
  • le sixième, Geoffroy, avait une canine de 3 cm qui lui sortait de la bouche;
  • le septième, Fromont, - qui devint moine à Maillezais - avait une tache velue sur le nez;
  • le huitième, Horrible, incroyablement grand, avait trois yeux, et il était si féroce qu'avant 4 ans il avait tué 2 de ses nourrices".
  • le neuvième, Thierry, était normal;
  • le dixième, Raymonnet, était normal aussi.

La légende de mélusine

http://pages.videotron.com/

Par syl lumeau
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Mercredi 2 février 2005
 
La vallée de Troussepoil était anciennement
le repaire d'une grosse bête noire à long poil ressemblant à un ours.
La Malebête
Ce monstre ravageait le pays à plusieurs lieues
à la ronde. La bête prenait plaisir à se baigner
dans un ruisseau qui coulait au fond de la vallée,
et le nom de Troussepoil viendrait,
dit-on de ce qu'elle se retirait
de là le poil hérissé.

Le Troussepoil aux Moutiers les Mauxfaits
Le Troussepoil aux Moutiers les Mauxfaits
Les animaux et les jeunes bergères étaient dit-on sa viande préférée, de sorte que pas un jour ne passait sans qu'elle fit ample consommation de cette chair.
Les habitants effrayés imploraient toutes les puissances afin qu'elles les délivrent d'un si grand fléau.

Le légat du pape se proposa pour exorciser la terrible bête. En vain: il avait perdu sa vertu le matin même en embrassant une jeune fille.
L'abbé de Fontaines échoua également pour avoir bu quatre chopines de vin passé minuit.
Quant à l'abbé de Talmont saint Hilaire, pour avoir cassé la tête d'un paysan qui lui barrait le chemin, il fut tout aussi impuissant.

En ce temps-là, l'abbaye d'Angles était gouvernée par un saint homme nommé Martin. Il voulut, lui aussi tenter l'aventure.
Cependant, avant d'engager le combat, il prit le soin de passer cinq jours et cinq nuits en prières. Puis, avec ses signes de croix, il réduisit la bête à venir se ranger sous son bâton et il l'amena ainsi, docile et douce comme un agneau, jusqu'au milieu de la ville d'Angles.

Les hommes et les femmes chantèrent. Mais les filles virent là-dedans matière à risée et s'exclamèrent:
"Père Martin, dom pis quand êtes-vous breger d'au diable ?"
(Père Martin depuis quand êtes-vous berger du Diable)
L'abbé, sans rien dire, fit monter la bête au pignon de l'église (où elle demeure encore) et, quand l'ours eut été statufié en pierre par un dernier signe de croix, le saint homme lui dit:
"Tu ne vivra dès mesuy (désormais) que de la beauté des filles d'Angles."

En un rien de temps, toutes les jeunes Angloises devinrent laides. Il fallut, pour qu'elles retrouvent leur beauté, ouvrir une autre porte dans l'édifice.

Depuis le site independant : http://www.bienvenue-vendee.com/

Vendee.com Bienvenue en Vendée

Par syl lumeau
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